septième partie

septième partie
Je n'avais pas pu profiter bien longtemps de la joie d'avoir enfin retrouvé mon nid douillet car un adversaire encore plus redoutable que tout ce que j'avais affronté jusque là vint me terrasser au moment où je m'y attendais le moins.
« - quarante ?! S'exclama Nathan.
- Juge par toi-même, lui répondis-je en lui fourrant le petit objet en verre dans les mains.
- Nina ! Ne me dit pas que c'est encore une de tes excuses tiré par les cheveux afin de manquer les cours. »
Je lâchais un grognement. Il était vrai que cela faisait plusieurs semaines-voir plusieurs mois- que je n'avais pas mis un pied à la fac. Après mon retour de New-York, je m'étais accordé quelques jours de repos afin de pouvoir reprendre mes repaires dans Paris et profité de la présence de mon frère. Aurélia, quant-à-elle, avait repris courageusement le chemin de son école de commerce en compagnie de Lucas, qui avait eu l'envie subite de suivre les mêmes cours qu'elle.
Après avoir dû subir plusieurs sermons de la part de mon frère, je m'étais enfin décidé à suivre exemple sur ma meilleure amie. Je n'avais cependant pas prévu l'arrivé de parasites dans mon organisme.
« -Ninaaaaa ! S'égosilla Aurélia depuis sa chambre. »
Je préférais l'ignorer. Son altesse quitta alors sa demeure afin de me rejoindre.
« -Ma Nina ! Qu'est-ce que tu fais encore au lit ? Tu ne devais pas reprendre les cours aujourd'hui ?
- Elle est malade, expliqua Nathan en lui montrant le thermomètre.
- Malade ? répéta-t-elle en s'approchant. »
Elle posa délicatement sa main fraiche sur mon front.
« -Il est brûlant, confirma-t-elle à l'adresse de mon frère. Mieux vaut la laisser ce reposer ce matin.
-Je vais appeler un médecin, renchérit-il.
-Vas-y. Moi je dois rejoindre Lucas.»
Elle me déposa un léger baiser sur la joue puis disparu dans le corridor. Nathan me lança un sourire encourageant puis quitta à son tour mon chevet. Il revint quelques minutes plus tard afin de m'annoncer que le médecin viendrait m'ausculter dans l'après-midi.
« Bien. Je te laisse te débrouillé toute seule ma Nina chérie. J'ai une réunion très importante tout à l'heure et je ne peux pas la manquer. Ça ne t'embête pas trop ?
-Mais non ! Tu sais à quel point je suis forte ! Je n'ai pas besoin de nounou. »
Comment pouvaient-ils laisser quelqu'un seul à l'agonie? Ils étaient pourtant bien ma seule famille ! Aurélia aurait pu décider de reporter son rendez-vous avec Lucas et de ne pas aller en cours afin de rester à mes côtés. Quand à Nathan, il aurait pu reporter sa réunion à plus tard !
Malgré la colère qui commençait à m'envahir, et qui par la même occasion faisait grimper ma température, je trouvais le courage de me lever et d'atteindre le salon, avec seulement sur le dos une chemise de nuit et une robe de chambre. Je m'installais sur le canapé, une boite de mouchoir à la main et fixais l'écran de la télé, vide.
S'il y avait bien une chose que je haïssais plus que tout, c'était le fait d'être malade. Je m'ennuyais ferme et rien n'arrivais à tromper mon ennuie. Peu à peu une pile de mouchoir usé commença à se formé à côté de moi. Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Mon esprit était complètement embué et l'arrivée du médecin se faisait tarder.
Quelques heures plus tard, la sonnette retentit enfin. Je me levais avec peine et massais mes muscles endoloris. La sonnette retentit une nouvelle fois. Je pressais le pas malgré la faiblesse de mes mouvements. J'atteignis la porte, complètement essoufflé et l'ouvrit. J'aperçu alors le visage de Bill dans l'interstice. Je fus soudain soulagé d'avoir oublié, dans mon empressement, de retiré la chaîne de sécurité.
« -Bonjour Nina. »
Un magnifique sourire angélique illumina son visage. Il rejeta élégamment une de ses mèches brune en arrière puis posa une main sur le mur et se rapprocha de la fente par laquelle je l'apercevais.
« -Tu veux bien m'ouvrir ?
-Pourquoi es-tu venu ? Demandais-je d'une voix faible.
-J'ai appris que tu étais malade aujourd'hui. Je suis donc venu te tenir compagnie.
- Qui t'a mis au courant ?! »
Il rit.
« -Disons que c'est...un messager divin. »
Devais-je tuer Aurélia ou la remercier d'avoir envoyé quelqu'un pour soutenir la mourante que j'étais ?
Je n'avais ni la force ni l'envie de le renvoyé chez lui.
« -Tu sais Bill, si tu restes ici, je risque de te contaminer. »
Je vis ses yeux pétiller.
« -Tu préfères rester seule ici ? J'ai pourtant apporté de quoi te désaltérer. »
J'aperçu dans sa main un récipient sur lequel se reflétait le logo de mon café préféré.
« -C'est un cappuccino ? Demandais-je.
-Oui. Et j'ai aussi pris un café moka pour moi. Mais je ne te le donnerai que si tu me laisse entrer. »
Je réfléchis un instant.
« -Tu n'as pas rien de prévu aujourd'hui ? Pas de concert, de séance d'autographes...rien de tout cela ? »
Il secoua la tête.
« -Tout ce que je veux c'est rester auprès de toi. Mes amis passent avant tout le reste.
-Tes amis...murmurais-je. »
J'étais heureuse de constater que notre dernière discussion n'avait pas été un rêve, comme je l'avais cru au début. Je tirais la chaine de la porte et le laissais entrer. Il passa devant moi et pris la direction de la cuisine.
« -Je vois que tu te rappelle très bien des lieux, commentais-je, tu n'es pourtant venu qu'une seule fois. »
Il s'arrêta en plein milieu de sa course, fit volte face et sourit.
« -Je suis revenu ici après ton départ, déclara-t-il.
-Quand ça ?!
-Aurélia m'a invité, ainsi que Tom. Je voulais qu'elle me parle de toi. Et Tom voulait la revoir.
- Es-tu bien sûr qu'il voulait sincèrement la revoir ? Dis-je, sceptique. »
Bill haussa les épaules. Sa réaction me mis hors de moi mais j'étais trop fatigué pour hausser la voix.
« -Sais-tu seulement à quel point elle l'aime ? Grondais-je. Comment peux-tu soutenir les actes de ce poulpe à casquette alors que tu sais qu'il lui brisera le c½ur ? »
Il baissa lentement les yeux et attendu un long moment avant de me répondre.
« -Parce que je ne suis pas sûr de la teneur de ses sentiments. Parfois j'ai l'impression qu'elle est comme toutes les autres filles pour lui, un passe-temps. Mais parfois...
-Parfois ?
-J'ai le sentiment qu'elle compte plus à ses yeux qu'il ne veut l'avouer. Mais il faudrait malheureusement qu'un évènement tragique arrive pour qu'il ne s'en aperçoive.
-Un évènement tragique ?
-Oui. Un accident. Ou...sa disparition...
-Tu sous-entends qu'il faudrait qu'Aurélia meure pour que le céphalopode à baggy se rende compte de ses sentiments pour elle ?! Le quitté ne suffirait pas ?
-Tom n'est pas comme ça. Si une fille trouve son bonheur auprès d'un autre, il ne lui courra pas après. Pour l'instant il aime être en compagnie d'Aurélia mais il n'est pas fidèle. Il ne pense pas être l'homme d'une seule femme. Il sait qu'ainsi s'il en perd une, il y en aura toujours une autre pour le consoler même s'il préférait celle d'avant.
-Ton frère est tordu.
-Au moins, lui ne voit pas en Aurélia un substitut de son ancienne petite amie. »
Bill n'avait pas complètement oublié la conversation que nous avions eue le soir la première d'Eric. Après son discours sur l'amitié, j'avais pensé qu'il avait abandonné cette idée de « substitut ».
« -Et bien, à propos de ça Bill...commençais-je.
-Ce n'est rien ! Oublions tout ça. Nous sommes amis après tout. Nous n'avons jamais été rien d'autre que cela, n'est-ce pas ?
-C'est exact. »

Après avoir rapidement fait le ménage dans le salon tandis qu'Bill m'attendait dans la cuisine, je me précipitais à l'étage afin de voir si j'étais dans un état convenable. Lorsque je redescendis les escaliers, Bill s'était installer dans le salon et admirais mon immense collection de DVD.
« -Tiens ! Je ne l'ai pas vu celui-là, dit-il en pointant son doigt sur l'un d'eux.
-Et bien prend-le. Je te le donne. »
Bill s'en empara puis introduit le disque dans mon lecteur de DVD.
« Merci, mais je préfère le regarder tout de suite. »
J'hochais la tête et vint m'installer sur le canapé. Il alluma la télé puis s'installa près de moi, la télécommande dans une main et l'autre étaler le long du dossier.
« -De quel film s'agit-il ? Demandais-je.
-C'est une surprise ! répondit-il malicieusement. »
Le générique du film démarra tranquillement. Je callais ma tête contre l'un des rebords du canapé et fermais légèrement les yeux. J'étais en train de somnoler lorsqu'une voix me sortie des bras de Morphée. Mon c½ur fit un bond lorsque je la reconnue. Je me relevais et inspectais les alentours avant de comprendre enfin d'où celle-ci venait.
« -Mais c'est... ! M'exclamais-je en pointant mon doigt sur l'écran de la télé.
-Le film « my heart », Termina Bill, hilare. J'avais envie de voir si Eric était aussi bon acteur que tout le monde le prétend.
-Tu es sûr de vouloir voir ce film ?
-Oui. Sauf si cela te gêne de voir ton petit ami à l'écran.
-Pas du tout, rétorquais-je. »
J'attendis quelques secondes avant d'ajouter :
« -Et ce n'est plus mon petit ami. »
Bill ne put réprimer un sourire.

Plus les minutes passèrent et plus je me sentais sereine. Une douce brise s'était infiltrée par la fenêtre du salon, entrouverte. Je vis Bill se rapprocher de moi et faire glisser lentement sa main sur mon épaule.
Je me rapprochais à mon tour de lui et posais ma tête sur son épaule. La chaleur de son corps m'apaisa immédiatement. Mes muscles courbaturées se relâchèrent et les picotements qui assaillaient ma gorge depuis mon réveille se calmèrent. C'était la première que quelqu'un jouait pour moi le rôle de calmant humain.
Peu à peu mon médicament humanoïde se détendit à son tour et posa également sa tête sur la mienne.
Son souffle chaud effleura ma peau. Je m'appuyais un peu plus contre lui et posait ma paume dans la sienne tandis que de sa main libre il passait doucement sa main dans mes cheveux.
Le temps qui passait n'avait plus d'emprise sur nous. Nous étions tout les deux enfermés dans une bulle, loin du monde extérieur. Même la voix d'Eric se perdait au loin tel un écho d'un lointain passé. Je finis par me demander si le but de Bill avait été bel et bien celui de voir ce film ou non. Mais cela n'avait plus d'importance à présent.
Il arrive parfois que l'on se demande comment nous avions fait pour vivre avant d'avoir rencontrer telle ou telle personne tant celle-ci compte à nos yeux. Je pensais, dans mon cas, que ceci ne pourrai jamais s'appliquer à d'autre personne que mon frère et Aurélia. Je n'avais aucune raison de douter jusqu'à maintenant. Aucune. Et pourtant...
La musique du générique de fin arriva enfin. L'écran de la télé était devenu soudainement noire, laissant défiler un panel impressionnant de noms de gens ayant participé au développement du film. La pièce s'était, par la même occasion, elle aussi assombrie. Le temps au dehors était à l'orage et de gros nuages noirs laissaient déjà tomber de fine gouttelettes sur les carreaux de l'appartement. Je plongeais mon regard dans celui de Bill. Il semblait aussi désorienté que moi. Ses magnifiques yeux couleur bronze continuaient cependant à me fixer, sans ciller. Ses joues s'étaient légèrement empourprées à l'instar des miennes. Il ne laissait néanmoins apparaitre aucune trace de stresse ou d'anxiété.
Au bout d'un moment il se redressa délicatement et relâcha son étreinte. Les ombres de la pièce faisaient encore plus ressortir la finesse de ses traits. Je n'avais jamais remarqué à quel point les courbures de son visage étaient aussi parfaites. Son nez était droit à peine busqué, un sourire ravageur, un regard sensuel encadré par de longs cils noirs et des fossettes au creux des joues.
Je compris soudain qu'il était également en train de me détailler. Je détournais brusquement la tête. Lorsque mon regard se posa à nouveau sur lui, j'aperçu sa langue passer lentement sur ses lèvres. J'étais comme hypnotisé. L'envie idiote d'y déposé un baiser m'effleura l'esprit. Je chassais rapidement cette idée.
Mes mains commençaient à devenir moite mais cela n'empêcha pour autant pas Bill d'entrelacer ses doigts entre les miens.
J'aurai voulu que cet instant dure une éternité.
« Bill, j'aimerai vraiment apprendre à te connaitre, murmurais-je. »
Son visage se fendit d'un sourire.
« -Et que veux-tu savoir de moi sublime Nina ?
-Tout. »
Il approcha son visage du mien et pris soudain un air grave. Je posais ma main sur sa joue. Sa peau était tellement douce.
« -Cela faisait longtemps... »
Je l'encourageais à poursuivre d'un sourire bienveillant.
« -Oui ?
-Cela faisait bien longtemps que j'attendais que tu me demande ça. »
Je sentis mon c½ur faire un bond. Une voix me soufflait qu'il valait mieux que j'interrompe cette discussion sur le champs. Je ne savais pas encore si je voulais dépasser le stade de l'amitié avec Bill. Mais une chose était sûre cependant. Je ne voulais pas le perdre. Je voulais en apprendre plus sur lui. Je voulais qu'il puisse faire partie de mon univers au même titre que Aurélia et Nathan. Il était la première personne pour laquelle je ressentais cela. C'était une sensation bien étrange mais pas désagréable pour autant.
«-Très bien alors raconte-moi tout, m'entendis-je lui répondre. »
Le bellâtre ne se le fit pas redemander deux fois. Il commença par me raconter sa vie à Manchester en compagnie de son frère, le prince poulpe et de leur mère. Puis de leur déménagement à Londres et de son remariage avec son actuel beau-père. De sa passion pour le chant et de son rêve de devenir un jour célèbre. Ainsi que tout les sacrifices qu'il avait fait afin de le réalisé. Puis il termina enfin par ce fameux de février où il m'avait rencontré.
« -Comprends-tu maintenant ce que j'ai ressenti à ce moment-là ? J'avais enfin réalisé mon rêve, maintenant beaucoup de gens m'adule et pourtant il y avait cette fille au milieu de la foule qui me fusillait du regard. J'étais perdu, je ne savais pas comment réagir. Tu étais la première personne à me troubler ainsi.
-Vraiment ? Tu n'as jamais eu de petite amie autoritaire ?
-Je n'ai jamais eu de petite amie. »
J'étais sous le choc.
« -Comment cela se fait-il ? Avec un frère pareil !
-Disons que j'ai vu mon frère brisé tellement de c½ur que cela m'a passé l'envie de faire la même chose. Je me suis toujours dit que la première fille avec laquelle j'aurai une vraie relation sera celle avec qui je passerai ma vie.
-Tu recherche la perfection ? Et si tu te rends compte qu'elle n'est finalement pas comme tu l'imaginais ?
- Je n'aurais aucun doute avant de m'engager. Je sais que même si cette fille est bourrée de défaut, elle sera parfaite...à mes yeux. »
Je sentis un frisson me parcourir l'échine. En disant ses mots Bill n'avait même pas esquissé le moindre sourire. Il restait calme et pausé malgré son discours enflammé.
Il me demanda ensuite de lui parlé de moi, de mon enfance. De la façon dont j'avais rencontré Aurélia et tout ce dont avait été fait mon quotidien jusqu'à aujourd'hui. Nous aurions pu discuter comme cela des heures durant. Mais c'était sans compter le retour d'Aurélia.
« -Alors ma Nina qu'à dit le médecin ? S'exclama-t-elle avant même d'avoir franchi le seuil de la porte.
-Il n'est pas venu, lui répondis-je. »
« -Il n'est pas venu ?! répéta-t-elle en se précipitant à ma rencontre. Comment ça se f.. ? Oh ! Je comprends mieux. Salut Bill !
-Salut Aurélia.
-Ne tire pas de conclusions hâtives, la prévins-je.
-Non, non ne t'en fait pas, dit-elle en lui adressant un clin d'½il complice. Mais je me demande quand même pourquoi le médecin n'est pas passé. Nathan l'a pourtant bien appelé ce matin ! »
Bill cacha son visage dans la pénombre de la pièce. Je pu néanmoins y voir se dessiner un sourire moqueur. J'attendis que ma meilleure amie s'éloigne pour lui en demander la raison.
« C'est moi qui lui ai demandé de partir, expliqua-t-il en riant.
-Comment ça ?
-Lorsque je l'ai aperçu à l'entrée de l'immeuble, cherchant le numéro de ton appartement, j'ai eu peur qu'il ne vienne gâcher notre moment d'intimité. Je l'ai donc dissuadé de venir te rendre visite.
Mais ne t'en fais pas je ferais venir dès ce soir mon médecin personnel. Il te soignera mieux que ce charlatan. »
Je ris.
« -Nathan choisis toujours ce qu'il y a de mieux pour moi. Ce médecin était forcément le meilleur. »
Bill ne répondit pas. Il se contenta de me déposer un baiser sur le front et de ramasser ses affaires.
« -Repose-toi bien Nina. Je repasserai te voir demain matin. »
Puis il quitta l'appartement.
# Posté le jeudi 11 octobre 2007 16:24
Modifié le dimanche 29 mars 2009 07:10

septième partie

septième partie
Chapitre 7

« -Mais je croyais que tu étais déjà au courant de mes moindres faits et geste Nat. »
Nous étions réunis dans le bureau de Matt, à l'abri des oreilles indiscrètes. Une forte odeur de peinture s'en dégageait. Bien que la pièce fût impeccablement rangée, il restait encore des débris de pinceau et des tâches de peinture à l'huile sur la moquette. Aurélia et Thibault s'étaient installés sur la petite banquette en cuir noir. Cette dernière tenait sa tête entre ses mains, pensant que ceci diminuerait la migraine qui avait accompagné son réveil. Nathan s'était placé sur une chaise de bureau tandis que Matt était debout, derrière son amant, une main posé sur son épaule.
« -Depuis le temps, tu devrais savoir que les apparences sont toujours trompeuse, répondit Nathan, je préfère avoir ta version des faits.
-Parfait. Alors, je me lance. Hum...par où commencer ?
- Commençons tout d'abord par cette fameuse soirée, où tu es partie sans prévenir avec Eric, dit Aurélia. »
J'acquiesçais et commençais mon récit. Il fallut que je parle de ma rencontre avec Bill ce soir-là et de la discussion qui avait suivit ainsi que des conclusions que j'en avais tiré. Etrangement Nathan ne réagit pas à l'évocation de mon « nouvel ami ». Il se contenta de m'écouter calmement. J'en vins ensuite à mon petit tour du monde qui s'était terminé sur le continent américain. Durant ces deux premières semaines j'avais eu l'impression de retrouver ma vie d'il y avait trois ans.
« - Avec les mêmes inconvénients ? M'interrompis Aurélia.
-Et bien plus ou moins. Il y a trois ans j'étais partie parce que je ne supportais plus d'être constamment suivi par des paparazzis, précisais-je à l'intention de Matt et de Thibault.
-T'savais pourtant qu'ça allait r'commencer non ? demanda Thibault, alors pourquoi êtr'parti avec lui si c'était aussi insupportable ?
- Je suis moins vulnérable qu'il y a trois ans. Et j'avais également pris mes précautions. Bien sûr il était inévitable que je sois prise en photo lorsque j'étais en compagnie d'Eric. Cependant je n'informais personne de mes déplacements personnel. Ce qui devait me laisser une certaine liberté. Les premiers jours, je pensais que personne ne me suivait, ce n'ai qu'une fois que j'ai remarqué que j'étais en couverture d'un des magazines people américain que j'ai compris...
-Compris quoi ? Questionna Aurélia
- Que c'était Eric qui les renseignaient sur ses déplacements, répondit Nathan l'air furieux. »
J'hochais la tête.
« -Pourquoi es-tu restée alors ?
-Je voulais le prendre sur le fait. Alors j'ai attendu de trouver un moyen de le faire. Mais Eric c'est montrer de plus en plus...collant.
-« collant » ? répéta Matt.
- Il essayait de m'embrasser en public, ne me lâchait plus d'une semelle et me pressait pour que je l'accompagne partout où il allait. Mais j'ai finalement réussi à le piégé. Un après-midi j'avais décidé de me rendre au défilé de la nouvelle collection Orienne. Etant donné que j'étais sur place je ne voulais pas raté de voir les nouvelles créations des parents de mon amie.
-Et alors ? Comment était-ce ?! S'exclama Aurélia.
-Aurélia ! Gronda Nathan.
- C'est bon ! C'est bon ! Je me tais. Mais, juste... »
Nathan posa sa main sur sa bouche, agacé.
« -Continue Nina.
-Je disais ?
-Le défilé...
-Ah oui. Donc ce fameux jour, j'avais décidé d'aller voir le défilé mais la voiture est tombée en panne alors que j'étais en route. J'ai donc contacté Eric afin de le prévenir et avant qu'il ne vienne me porté secours, une foule de paparazzi m'avaient rejoint sur le bord de la route.
J'ai donc attendu que nous regagnons l'hôtel dans lequel nous logions afin d'avoir une explication avec lui. C'est alors qu'il s'est empressé de me faire une déclaration enflammé. Je l'ai repoussé mais il a continué ses avances. Je ne me rappelle plus exactement de la suite des évènements mais il s'est mis à se montrer de plus en plus agressif. Il a tenté de m'emmener de force dans sa chambre. Je me suis débattu et lui ai mis des coups bien placés avant de quitter précipitamment l'hôtel. Voilà, vous savez tout maintenant. »
Un silence suivit mon récit. Thibault fut le premier à reprendre la parole.
« -Mais...qu'est-ce qu'il t'voulait ? Pourquoi d'mander aux paparazzis d'te suivre ?
-Je n'en ai aucune idée. Il n'a pas voulut me le dire. Il ne cessait de me répété qu'il m'aimait et que c'était tout ce qui comptait.
-Dans tout les cas, je ne veux plus que tu l'approches Nina, fulmina Nathan.
-Et si c'est lui qui revient ? Demandais-je.
-Ne t'inquiète pas pour ça. Je m'assurerai que cela n'arrive pas. »

Le mois de mars allait enfin toucher à sa fin. Je n'avais cependant pas envie de quitter mon domicile. J'avais manqué beaucoup de cours mais mes nuits étaient encore peuplé de cauchemars. Je pensais pouvoir retrouver ma vie passé auprès d'Eric malgré le fait que je n'avais jamais eu la réelle intention de ressortir avec lui. Au moment où je l'avais quitté, il m'avait lancé un regard si désemparé. Je ne cessais de me repasser cet épisode en boucle dans ma tête.
Huit heure sonna mais il me fallut quelques heures de plus avant d'être enfin prête. J'enfilais à la hâte une petite robe-pull noire de la nouvelle collection Burberry et un collant de couleur violette. Une fois arrivé dans la cuisine, je fus heureuse de constaté qu'une tasse de cappuccino m'attendait déjà.
« -Je suis prête Aurélia, annonçais-je triomphalement.
-Où allez-vous encore ? demanda Nathan en soupirant.
-Faire du shopping, répondit aussitôt Aurélia ignorant le regard noir que je lui lançais.
- Je l'aurais parié ! S'exclama Nathan. Et les cours ? Vous avez oubliés que le second semestre à déjà commencé ? Si vous n'êtes pas plus assidues, vous... »
Je fis signe à Aurélia de me suivre discrètement à l'étage tandis que mon frère continuait à débité ses inepties.
« -Au fait Nina ! hurla-t-il depuis l'étage inférieur. Je te rappelle que je ne serais pas là ce soir. »
Je m'arrêtais en pleine ascension.
« -Comment ça ? Demandais-je.
-Je serais à une soirée de charité en compagnie de Mia.
-Oh ! Bonne chance alors ! »
Je n'arrivais toujours pas à me faire à l'idée qu'il allait bientôt épousé un fac-similé de...moi !
Aurélia me pressa de la rejoindre dans sa chambre. Comme toujours une montagne de vêtements en tout genre s'étalait à ses pieds. J'attrapais un long gilet gris qui trainait sur le rebord de son lit, un caracco en dentelle ainsi qu'un bas en soie noir et partie les enfiler. Aurélia de son côté avait enfilé une jupe de mousseline blanche et une veste cintré safrané.
Nous étions ainsi prêtes pour notre shopping semestriel.
« -Où veux-tu aller aujourd'hui ? Demanda Aurélia tandis qu'elle rangeait ses lunettes de soleil dans son tout nouveau sac noir Chloé.
-Je te laisse choisir.
-Il parait que la toute nouvelle ligne Hugo Boss est exposée en ce moment à Londres. On pourrait aller y faire un tour.
-Très bonne idée ! »
Une fois arrivé dans la capitale britannique, Aurélia décida d'acheter une voiture plutôt que de louer une limousine avec chauffeur comme à notre habitude.
« -J'ai envie de conduire pour une fois, m'avait-elle avoué. »
Je laissais choisir la marque de la voiture et attendis à ses côtés que la voiture nous fusse livrer. Je frôlais cependant la crise de nerf en la voyant arrivé.
« -Aurélia ! Tu n'aurais pas pu choisir quelque chose de mieux que ça ?
-Mais ce n'est pas de ma faute, s'excusa-t-elle, j'ai seulement eu le coup de c½ur pour cette voiture.
- On dirait qu'elle sort d'un film des années soixante ! Tu aurais pu prendre une BMW ou une Porsch, ou bien même une Rolls Royce ! Mais à la place il a fallut que tu choisisses cette.ce...
-Bill. »
Mon c½ur fit un bond.
« -Quoi ? M'écriais-je.
-C'est le nom de la voiture. C'est une Bill Mini. »
Il y avait des jours où l'humour d'Aurélia me passait vraiment au dessus de la tête.
Notre après-midi shopping débuta donc, pour ma part, dans la mauvaise humeur. Aurélia tenta à plusieurs reprise de me faire rire, mais c'était peine perdu. Je n'étais pas vraiment en colère. J'étais plutôt troublé. Elle m'avait fait repenser à Bill alors que j'avais quitté celui dans les pires conditions possible. Il était vrai que nous n'étions rien l'un pour l'autre. Nous avions peut-être créé un début d'amitié mais rien de plus. J'avais la certitude qu'il attendait plus de moi. Mais je n'étais pas encore prête à lui donné ce qu'il demandait. Nos disputes et nos discussions passionnées me manquaient cependant. Son sourire malicieux, son air angélique, sa façon de repousser ses mèches rebelles vers l'arrière. Tout cela me manquait.
Je me rappelais de notre soirée passée à boire lors du vernissage de Matt, de la fois où il avait attendu à mes côté l'arrivé de Thibault, du moment où il m'avait empêché de quitter son hôtel.
J'avais envie de ressentir de nouveau la chaleur de main sur la joue, de sentir le contact de sa peau contre la mienne.
« -Pardonne-moi, Nina. Je ne voulais pas te blessé. »
Je vis mon amie faire la moue puis cligner des yeux afin d'empêcher ses larmes de couler.
« -Si tu lui souhaites, je peux encore changer de voiture, continua-t-elle d'une voix roque, je revendrai celle-là et...
-Ce n'est rien, la coupai-je. Tu peux garder cette voiture. Si c'est celle-là qui te plait alors elle me plait aussi. »
Aurélia enroula ses bras frêle autour de mon cou en poussant des cris de joie. Je me demandais comment Tom arrivait à repousser une fille aussi mignonne qu'elle. Personne de normalement constitué n'était censé ne pas succombé à son charme.
« -Et si allions d'abord Chez Tiffany ? Proposais-je. Il te faudra bien de nouveau bijoux pour aller avec les tenues que tes parents t'on envoyer. »
Aurélia acquiesça et pris la direction de la boutique en question. Une fois à l'intérieur je fus immédiatement séduite par un magnifique bracelet en forme de c½ur. La finesse des détails était impressionnante. J'appelais un vendeur et demandais à essayer ce magnifique bijou.
« -Je le prends ! Dis-je en le reposant dans son coffret.
-Pas question ! s'écria soudain Aurélia. Reposez ça tout de suite. Nina, n'as-tu pas vu qu'il y avait un c½ur sur ce bracelet ?
-Et ?
-C'est quelque chose de sacré. Tu ne peux pas acheter de bijoux en forme de c½ur pour toi-même. Tu dois obligatoirement te les faire offrir.
-N'importe quoi !
-Je t'assure ! Le c½ur est le symbole de l'amour. Il n'y que les égocentriques qui s'offrent des c½urs à eux-mêmes. Si tu fais cela tu seras voué à rester seule jusqu'à la fin de tes jours.
-Je suis tout à fait d'accord avec elle, intervint une voix grave derrière nous. »
Je le regardais d'un ½il torve. L'importun se trouvait à quelques mètres de nous, adossé contre un des murs. Il n'eut pas besoin d'ôter ses lunettes de soleil Dior, ni même de nous lancer un sourire narquois pour que je le reconnaisse. Je sentis le sang me monter aux joues. Il s'approcha de nous, se mouvant avec aisance, un sourire aux lèvres.
« -Bonjour Aurélia, Nina. »
Aurélia le salua en retour tandis que j'haussais les épaules.
« -Comment était New York ? me demanda Bill en lançant un clin d'½il en biais à Aurélia.
-Parfait. Mais je n'ai pas pu beaucoup bronzé, comme tu le vois. »
Bill souris et posa son regard sur ma peau hâlé.
« -Je ne vois pas pourquoi tu voudrais bronzer, répondit-il, tu as déjà un teint parfait.
-J'aurai préféré avoir un teint de porcelaine comme celui d'Aurélia, dis-je en soupirant.
-Ce ne sera jamais possible ça ma Nina ! Railla Aurélia. »
J'aperçu un magazine people dépasser du sac de Bill.
« -Tiens ? Lequel est-ce ? Demandais-je en tendant la main vers la revue. »
Bill pris soudain un air sombre.
« -Je ne le lirais pas je serais toi. »
Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre le sens de ces paroles. Je reconnaissais de loin les cheveux blonds, parfaitement lissés d'Eric.
Soudain la sonnerie d'un portable retentit. Bill plongea sa main dans la poche de son pantalon de jean et regarda le numéro qui s'affichait sur l'écran. Il soupira.
« -Il faut que j'y aille.
-Déjà ? S'indigna Aurélia.
-Oui, je suis désolé. Nina, tu veux bien me raccompagné jusqu'à ma voiture. Elle est garé juste devant.
-Je n'ai pas que ça à faire, lui répondis-je froidement.
-S'il te plait, supplia-t-il en joignant ses mains, il y a quelque chose dont j'aimerai te parler, ajouta-t-il plus bas. »
Je lui suivis donc sans bronché jusqu'à sa voiture. Une Rolls Royce. J'étais heureusement de ne pas avoir eu à lui montrer la mienne.
« -De quoi voulais-tu me parler ? Demandais-je.
-Nina. Je voulais que nous reparlions de notre dernière conversation. Et... »
Il fut de nouveau interrompu par la sonnerie de son portable. Il s'engouffra rapidement dans sa voiture et reposa ses lunettes sur son nez. Puis il baissa la vitre de sa voiture.
« -Ecoute-moi, continua-t-il, j'ai réfléchis à ce que nous étions vraiment l'un pour l'autre et j'ai compris.
-Compris ? Répétais-je sans comprendre.
-C'était une évidence. Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt. Mais nous avons tellement peu l'habitude d'avoir ce genre de relation que nous ne l'avons pas tout de suite compris.
-H-mm. Et ?
-N'est-ce pas non plus évident pour toi Nina ?
-De quoi ?
-Nous sommes amis bien sûr ! »
Je restais bouche-bée.
« -Nous avons vraiment passé de bon moment ensemble. Mais n'étant pas du même sexe nous n'avons pas tout de suite pensé à cette possibilité. C'était pourtant si évident. »
Je me sentais quelque peu soulagé.
« -Oui. Nous sommes amis, répétais-je bêtement en souriant. »
Le portable sonna une nouvelle fois. Bill grogna puis démarra sa voiture.
« -Je passerai bientôt à Paris, dit-il, je passerai de rendre visite. »
Il recula brusquement puis s'engagea dans la rue au milieu du flot des autres voitures, me laissant seule sur le trottoir, le regard vide.
# Posté le mercredi 19 septembre 2007 16:48
Modifié le vendredi 27 mars 2009 16:55

Sixième partie

Sixième partie
Chapitre 6
Les mots sont absents.




Je regardais par la fenêtre de l'avion, l'air absent. Bien que l'intérieur de l'appareil fût chauffé, j'avais encore l'impression de ressentir le froid mordant apporté par ce vent glacial, venu de l'est, et qui avait rendu le climat new-yorkais aussi inhospitalier.
J'entendis soudain la voix d'une des hôtesses à bord s'élever dans les haut-parleurs, me faisant sortir de ma torpeur.
« Votre attention s'il vous plait, nous allons bientôt atterrir, veuillez bouclez-vos ceintures et... »
J'avais encore l'esprit embrouillé. Mon départ avait été si précipité que je n'avais eu le temps de prévenir personne de mon retour en France. Je jetais un coup d'½il à la place qui se trouvait à côté de moi. Elle était vide. Cette scène avait pour moi un air de déjà-vu. Je levais mes bras ankylosés par ces longues heures passées à rester assise sur mon siège.
J'avais le c½ur lourd. Je n'arrivais pas à me défaire de cette désagréable sensation d'angoisse et de cette tristesse qui m'avaient poussé à fuir New-York. Tout était arrivé par sa faute. Mais j'étais certaine d'une chose : je ne le lui pardonnerai pas.
L'avion amorça enfin sa descente. Je fermais les yeux. Au loin, le soleil commençait à peine son ascension. Quelques rayons vinrent cependant éclairer mon visage.
Comment avais-je pu en arriver là ?

Une fois ma valise Louis Vuitton à la main, je traversais le hall de l'aéroport d'un pas sûr avant de m'arrêter brusquement à mi-chemin. Je n'avais aucune raison de me dépêcher. Personne ne m'attendait. Ni ici, ni là où j'allais. J'avais passé plus d'un mois entier à parcourir le monde en compagnie d'Eric. Puis à m'amuser sur son bateau de croisière, dans sa toute nouvelle maison de Palm Beach ou encore dans son appartement New-yorkais. Je n'imaginais pas que les choses auraient tournées ainsi. Je regrettais maintenant amèrement d'avoir quitter les miens pour ce stupide voyage, poussée par la colère et un désir de vengeance. J'étais partie à la dernière minute, sans prévenir personne. Je savais que cela causerai du souci à mon frère et Aurélia. Mais bien que cette pensée m'eu traversé l'esprit, je n'étais pas pour autant revenue sur ma décision.
L'aéroport était bondé de monde. Les gens se pressaient autour de moi. J'avais l'impression de ne pas tourner dans la même dimension qu'eux. Je posais machinalement ma valise sur le sol et m'assis dessus, les yeux rivé sur le tableau d'affichage des départs et des arrivés des avions.
A présent Nathan devait être revenu à l'appartement. Il avait probablement fêté son retour en compagnie de Thibault et Matt. Aurélia devait se trouver dans les bras de Tom. Ou à la porte de sa chambre d'hôtel, le suppliant de bien vouloir lui ouvrir.
Et Mia devait avoir abandonné son nom de jeune fille pour prendre possession du notre.
Je secouais vivement la tête. Repensé à toutes ces choses qui m'avaient poussé à partir ne faisait qu'accroitre ma peine.
Un jeune homme tenant une petite fille par la main me frôla. Je me retournais et les observais. Celui-ci s'arrêta au niveau du guichet et lâcha la main de la fillette. Cette dernière fronça les sourcils et grimaça avant de s'agripper à la jambe du garçon, comme si sa vie en dépendait.
Au loin, une mère tentait désespérément de mettre un manteau sur le dos de son petit garçon, qui hurlait et se débattait dans tout les sens. Une famille traversa le hall, riant et se tenant tous par la main, le plus jeune des enfants se tenant sur les épaules de son père.
Au milieu de tout ce vacarme, j'avais l'impression d'être seule au monde. Je devais faire peine à voir, planté au milieu de nul part, attendant quelqu'un qui ne viendra pas.
C'est alors que je le vis. Son long manteau noir virevoltant derrière lui. La démarche assurée, et ses cheveux d'un magnifique brun resplendissaient malgré la faible lumière des néons.
Il avait revêtu un costume de couleur noir et une paire de lunette de soleil assortie. Les gens se retournaient sur son passage, ne sachant s'ils avaient devant eux une star ou un simple homme d'affaire.
« -Content de te revoir ma Nina chérie, dit-il une fois arrivé à ma hauteur.
-Comment as-tu su que je me trouvais ici ? »
Il sourit puis se pencha vers moi et déposa un baiser sur ma joue. Je le fusillais du regard. Je savais parfaitement qu'il essayait de détourner mon attention. Je ne voulais pas entrer dans son jeu et pourtant la fatigue eu raison de moi.
« -Bien, puisque tu es là, peux-tu me ramener chez nous ? »
Nathan sourit et s'empara de ma valise.
« -C'est bien pour ça que je suis venu te chercher. »


Une fois arrivé devant sa limousine, il m'ouvrit la portière puis s'installa à mes côtés.
« -J'avais oublié à quel point c'était agréable de monter dans une limousine, dis-je en me attrapant une bouteille de scotch dans le bar.
-Vraiment ? fit Nathan en prenant un air accusateur.
-Tu...Et bien Nat, tu devrais pourtant savoir que ni Matt ni Thibault ne conduit de limousine..., balbutiais-je.
-Je le sais. »
Il adopta une attitude si froide que je compris immédiatement qu'il s'avait précisément où j'avais passé ces dernières semaines et ce que j'y avais fait.
« -Mais au fait Nat, repris-je plus posément, comment as-tu su que je me trouvais à l'aéroport ? Tu n'as toujours pas répondu à ma question. »
Il soupira et pris un air mystérieux.
« -Tu devrais savoir que je sais toujours tout ce que tu fais et où tu te trouve ma Nina. »
Je pris un air faussement outrée.
« -Comment as-tu osé me faire suivre ? »
Il rit.
« -Je ne te savais pas aussi perspicace.
-Très drôle, grand frère chéri. Mais plus sérieusement, dis-moi la véritable raison.
-Très bien. Disons qu'un ami très haut placé dans cette compagnie aérienne me devait un service et... »
Il se figea soudain sur son siège, les yeux rivé sur son téléphone. Il s'en empara avant que je ne puisse lire le nom qui s'affichait sur l'écran.
J'entendis alors une voix de criarde s'élevé à l'autre bout du fil. Nathan lui répondit à tout vitesse.
« -Oui, ne t'en fais pas. Je vais lui en parler. Ok. Très bien. A ce soir. »
Je le vis me lancer un coup d'½il en biais avant d'ajouter un « je t'aime aussi » et raccrocher. Mia lui avait sûrement fait une scène sur à ce sujet car jusque là, Nathan avait toujours pris soin de ne pas manifester ses sentiments de façon aussi évidente lorsque je me trouvais dans les parages.
« -Nina ?
-Oui ?
-Il faut que je te parle de quelque chose. »
Je compris à son ton qu'il ne pouvait s'agir que de ce dont Eric m'avait informé quelques semaines plus tôt.
Il ne pouvait s'agir que d'une seule « chose ». L'achat d'une nouvelle vaisselle, d'une bague de fiançailles et cette lueur dans les yeux de Nathan. Tout cela ne pouvait avoir d'autre signification.
« -S'il te plait Nathan, laisse-moi me reposé un peu, je suis fatiguée. »
Je m'allongeais sur une des banquettes de la limousine et fermais les yeux. Je crispais mes poings. Il me fallait attendre encore quelques minutes avant de me retrouver seule et de pouvoir laisser sortir ma tristesse.

Lorsque mon réveil sonna, le soleil venait à peine de se lever. Je poussais un juron et l'envoya s'écraser à l'autre bout de la pièce. Je n'avais toujours pas décoléré de la veille. Pourquoi tout était si compliqué ? Je reposais ma tête sur mon oreiller, prête à me rendormir lorsque je perçu une autre respiration que la mienne. Nathan s'était allongé à mes côtés, encore vêtu de son costume. Bien qu'il eut posé son avant-bras sur le haut de son visage afin de se protégé ses yeux des rayons du soleil, je reconnu la forme de ses traits. Il avait préféré me veillé plutôt que d'aller rejoindre Mia. Je senti une boule se former au fond de ma gorge. Je fis lentement glisser ma main sur son torse et déposais un baiser sur sa joue. Il sourit puis retira son bras. Je poussais un cri. Ce n'était pas Nathan.
« -QUI ETES-VOUS ? Hurlai-je, au bord de l'apoplexie.
L'inconnu écarquilla grand ses yeux avant de se lever brusquement et prendre ses jambes à son cou. J'entendis un rire provenir du salon. J'attrapais ma robe de chambre et parti retrouver l'auteur du crime.
« -AURÉLIA !!! Comment as-tu osé ?!
-Hahaha, détends-toi ma Nina. Ce n'était qu'une blague ! »
D'autres rires s'élevèrent de la cuisine.
« -DEGAGEZ ! Hurlais-je. »
Matt et Thibault se dépêchèrent de rejoindre leur appartement tandis que Maria et la coiffeuse d'Aurélia se précipitèrent à l'étage supérieur.
« -Qui était-ce ? Interrogeais-je Aurélia une fois mon calme retrouvé.
-Un mannequin qui pose pour la nouvelle collection de mes parents. La ressemblance avec Nat est frappante non ?
-C'est plutôt toi qui va te faire frapper si tu recommences avec ces âneries ! Grondais-je.
-Avoue que c'était plutôt bien trouvé. Tu aurais dû voir ta tête. »
Je tournai les talons et gravis les marches d'un pas pesant. Je m'arrêtais au milieu de mon ascension puis posais ma main d'un geste théâtrale sur la rampe de l'escalier.
« -Ma pauvre Aurélia, je me demande parfois si tu fais exprès d'être aussi stupide. »
Je n'attendis pas sa réponse et je me dépêchais de regagner ma chambre.
Il me fallut attendre l'heure du déjeuner pour daigner quitter mon antre.
Aurélia s'était décidé à faire ses délicieux petits pains au sucre, sachant à quel point je les aimais.
La lumière de la cuisine était beaucoup moins forte que celle du salon. Je remarquais que durant mon absence des énormes cernes s'étaient creusés sous les yeux de mon amie et que son visage était beaucoup plus émacié qu'auparavant.
« -Je t'ai causé du soucis, soufflais-je.
-Un peu. »
Elle posa une fournée de petits pains sur la table de la cuisine, en souriant.
« -Mais tu es rentrée, ajouta-t-elle doucement. »
J'approuvais d'un signe de tête puis m'installais sur l'une des chaises. Aurélia régla la minuterie du four avant de s'asseoir en face de moi. Sa fatigue était palpable. Sa tristesse aussi.
« -Qui a-t-il ? Demandais-je tout en m'emparant d'un petit pain. »
Elle secoua la tête et pris un air grave.
« -Regarde. »
Elle déposa une pile de magazine devant moi. Un seul coup d'½il me suffit pour comprendre qui se trouvait sur la couverture.
« -Je sais pourquoi vous vous étiez quitté, continua-t-elle en posant une main sur mon bras.
-Evidemment. C'est moi qui te l'avais dit.
-Alors...pourquoi ...es-tu retournée avec lui? »
Je me levais d'un bond et quittais la pièce sans me retourner. J'entendis le bruit de ses talons derrière moi.
« -N'as-tu pas lu les articles ? Qu'est-ce que tu veux savoir de plus ? Criais-je en accélérant le pas.
-Nina, attends ! »
Elle me dépassa et posa ses deux mains sur les épaules.
« -Lâche-moi.
-Non.
-Lâche-moi !
-Nina, je...
-Lâche-moi !!! »
Je la repoussais de toutes mes forces. Elle vacilla un peu avant de tomber sur le sol. Ses forces était plus diminués que je ne le pensais.
Elle me lança un regard si désemparé qu'il me fut impossible de la laisser là. Je revins sur mes pas et l'aida à se relever.
« -Pourquoi faut-il que tout prenne autant d'ampleur avec toi Nina ? dit-elle en se massant le dos.
-Aurélia...tu sais déjà ce qu'il s'est passé il y a trois ans. Que veux-tu que je te dise de plus ?
-Tu pourrais déjà commencer par me dire pourquoi tu es retournée auprès d'Eric. Il y a trois ans tu l'as fui pour les mêmes raisons. Tu pensais vraiment que tout serait différent cette fois-là ?
-C'était différent. Dans un sens...
- Tu l'as quitté à cause de toute cette sur-médiatisation autour de lui. Toute cette pile de magazine que je t'ai montré, n'est-ce pas là la preuve que tout était comme avant ?
- Tu te trompes Aurélia. Cette fois je suis partie en connaissance de cause. Et pourtant... »
Je pris une grande inspiration avant de continuer. Eric Slater avait été mon premier vrai petit ami. Le premier que j'ai aimé. Le premier à m'avoir accepté telle que je suis.
« -...mais les sentiments ne font pas tout, n'est-ce pas Aurélia ?
-Que veux-tu dire par-là ?
- Que devient Tom ? »
Aurélia rougit et fronça les sourcils.
« -Il... »
Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase car des bruits de pas en provenance de l'entrée annoncèrent une visite imprévue.
« -J'y vais, fis-je à Aurélia. »
Elle m'agrippa par l'épaule puis pointa son doigt sur ma robe de chambre puis sur un des miroirs qui se trouvait dans le couloir. Je compris avec stupeur que j'avais l'air d'un épouvantail en robe de chambre.
« -Je m'en charge, dit-elle en me lançant un clin d'½il. »
Je partie me réfugier dans ma salle de bain et enfilais sans réfléchir un bas de jogging et un simple débardeur rouge. Ma valise n'étant pas encore défaite, je ne pouvais espérer revêtir mes nouvelles acquisitions.
Nathan-le vrai cette fois- m'attendait dans le salon. Je lui sautais dans les bras et le serrais du plus fort que je pus. Il ne m'avait jamais autant manqué que ces derniers mois. Je regrettais amèrement d'avoir gâché des semaines en compagnie d'Eric alors que mon frère avait déjà regagné la France. J'aurai peut-être dû aller lui rendre visite à Londres, ou lui téléphoné plus souvent. Mon c½ur se serra.
« -Tu m'as vraiment manqué, tu sais.
-A nous aussi, dit-il en passant sa main dans mes cheveux. »
Je me dégageais de son étreinte.
« - «A nous » ? Répétais-je sans comprendre. »
Mon regard fut alors attiré par l'éclat d'un diamant qui brillait au doigt d'une petite poupée blonde assise aux côté d'Aurélia, à l'autre bout du salon. Mia agitait sa toute nouvelle bague de fiançailles sous mon nez.
« -Quelle garce ! Sifflais-je
-Nina, gronda Nathan.
-Nous devons te parler d'une chose Nina, dit Mia en se levant.
-C'est exact, ajouta Nathan en allant à sa rencontre. »
Il posa une main autour de sa taille et lui sourit.
« -On dirait que vous n'êtes plus qu'une seule et même entité maintenant, raillais-je, mes félicitations !
-Pardon de ne pas t'avoir parlé de nos fiançailles plus tôt ! s'exclama Mia, qui n'avait pas du tout l'air désolé.
-Ce n'est rien, car vois-tu j'étais déjà au courant, déclarais-je fièrement, oui, moi aussi j'ai mes sources grand frère, ajoutais-je malicieusement, comme toi je sais où tu es et tout ce que tu fais ! »
Nathan fronça les sourcils et tourna la tête de droite à gauche, comme s'il cherchait quelque chose. Mia profita de son inattention pour lui voler un baiser. C'était plus que je ne pouvais en supporter. Je regagnais ma chambre au pas de course, Nathan sur mes talons.
« -Nina ! Nina !
-Laisse-moi tranquille Nat !
-Nina... »
Je voulu refermer la porte de ma chambre mais il s'interposa. Je le laissais entrer.
Il s'installa sur le rebord de mon lit puis remarqua les restes de mon réveil sur le sol.
« -Nina...
-Pourquoi elle ? Nat... il y a six milliards de personnes sur cette terre. Alors pourquoi elle ?! »
Nathan se contenta de me lancer un regard peiné.
« Nathan, repris-je, tu vas me quitter pour elle... ? »
Ma voix se brisa. Je tournais la tête et fixais avec insistance le plafond de ma chambre. Nathan se leva et s'approcha doucement de moi.
« -Si tu ne veux pas que je me marrie avec elle, alors je ne le ferai pas. »
Il posa sa main sur ma joue.
« -Mais, si je quitte Mia, je serais bien plus malheureux que tu ne l'imagines. »
Je ne savais pas si j'avais plus envie d'éclater de rire ou de vomir.
« -Accepte ce mariage Nina. Et soit mon témoin. Ne me demande pas de faire un choix entre toi et elle. »
J'attendis un long moment avant de lui répondre.
« -Nathan...
-Oui ?
-Si j'accepte ce mariage, je veux que tu fasses une dernière chose pour moi avant.
-Laquelle ?
-S'il te plait, reste vivre ici avec moi et Aurélia. Et n'y amène plus jamais Mia. »

Je n'arrivais toujours pas comprendre la réaction qu'avait eu Nathan à ce moment-là. Il avait paru si soulagé alors que je lui avais posé un ultimatum. Je sentais encore l'odeur de son parfum. Celui qu'il avait laissé sur mon débardeur lorsqu'il m'avait prise dans ses bras. J'entendais encore ses mots résonné dans ma tête.
« -Bien sûr ma Nina. Je sais qu'il te faut du temps afin d'accepter ma futur union avec Mia. Je resterai à tes côtés le temps qu'il faudra. »
Tout aurait été parfait s'il s'était arrêté à ce discours.
« -Il faut que je t'avoue, petite s½ur, que si tu n'avais pas accepté tout ceci, j'aurai été incapable de me marier sans que tu ne sois à mes côtés. »
Pourquoi a-t-il fallu qu'il ajoute ceci ?
Il me fallut quelques instants avant de reprendre mes esprits. Nathan attendit patiemment que je cesse de me repasser en boucle la scène qui venait de se déroulé. Il avait quitté le rebord de mon lit pour venir s'installer sur mon balcon. Puis il s'était allongé sur ma balancelle, le regard perdu dans le vague.
Il était le pilier central de ma vie. Je ne savais toujours pas comment j'allais pouvoir vivre sans lui auprès de moi. Je me décidais enfin à venir le rejoindre.
« -Nat... dis-je d'une petite voix, il faut que je t'avoue aussi quelque chose. »
Il se redressa mollement et me fit signe de venir m'asseoir à côté de lui.
« -Je t'écoute.
-Je ne sais pas vraiment comment te le dire... »
Il passa sa main dans ses cheveux et se mit à jouer avec ces boucles, comme il le faisait à chaque fois qu'il était angoissé.
« -Ce n'est pas à propos du mariage, m'empressais-je aussitôt d'ajouter.
-Je sais.
-Alors...que crois-tu que je souhaite te dire ? Qu'est-ce qui t'angoisse à ce point ?
-De ne pas pouvoir répondre à tes attentes. »
J'encaissais le coup.
« -Nathan, tu m'as dit tout à l'heure que tu ne pouvais pas te marier sans que je ne sois à tes côtés. Je voulais simplement te dire que tu es tout aussi important à mes yeux. Tu es le soleil de ma vie et si Mia t'emmène loin de moi, autour de quoi vais-je bien pouvoir gravité ? Une planète sans soleil est vouée à mourir.
-Et je ne serais jamais loin de toi. Il te suffira de venir me rendre visite. Tu es ma s½ur chérie et ça, personne ne pourra jamais le changer. Tu resteras la première femme de ma vie. »
J'étais heureuse de pouvoir avoir encore ce genre moment avec lui. Même si je savais qu'ils allaient devenir de plus en plus rares. Je quittais mon siège et me mis à la recherche de mon paquet de cigarettes.
J'étais en train de vider mon troisième sac lorsque je vis un petit cylindre blanc atterrir à mes pieds.
Nathan, ayant compris mes intentions, s'était empressé de sortir son propre paquet de cigarettes.
Je revins sur le balcon et il sorti un briquet de sa poche. Une fois la cigarette allumé, je pus humer la délicieuse odeur qui s'en dégageait. La même que celle qui s'était imprégnée sur toutes les vestes de mon frère. Je savais que quelque soit les moments à venir, j'aimerai toujours autant cette odeur.

Lorsque nous nous décidâmes à quitter notre refuge, plusieurs heures étaient passées. Mia attendait Nathan dans le salon tandis que Aurélia discutait avec Thibault dans sa chambre, un verre de téquila à la main.
« -Thibault ! Comment oses-tu trompé Matt avec Aurélia, plaisantais-je en entrant dans la pièce, tu aurais pu avoir de meilleurs goûts.
-Ah ! Nina-chou ! s'exclama celle-ci, sais-tu à queeeeeeeeeeeeeeeeeeel point tu m'as manqué ?
-Tu es soûle, ma pauvre.
-Meeeeuh naaaan !
-Je vais vous laisser seules, intervint Thibault, occupe-toi bien d'elle Nina. »
Il se leva et quitta le plus rapidement possible la pièce, non sans m'avoir auparavant déposé un baiser sur le front.
« -Ah !ah ! Ce n'est pas possible ! Je me suis encore fait avoir ! Même Thibault ne veut pas de moi !
-C'est normal, répondis-je en lui confisquant sa bouteille d'alcool, il n'est pas intéressé par les femmes. Mais parle-moi plutôt de ton prince poulpe. Tu le vois toujours ?
-Ha ha ha. Tu sais quoi Nina ? Ça se voit tout de suite !
-De quoi ?
- Que tu as beaucoup beaucoup beaucoup d'humour. Contrairement à moi !
-De quoi parles-tu ?
-Et bien comme tu le vois, je n'ai aucun humour. Alors il faut bien que tu en ais pour deux !
-C'est lui qui t'as dit ça ? Le céphalopode ? »
Elle baissa tristement la tête.
« -Ne t'en fais pas, la rassurais-je, il verra à quel point nous sommes drôle, la prochaine fois que je le verrais. »
Elle s'affala sur sa chaise et se mit à renifler bruyamment.
« - Tu sais Nina, il n'a pas arrêté de parler de toi.
- Qui ? Tom ?
-J'étais...triste...et je n'ai pas arrêté de me demander pourquoi...
-« Pourquoi » ?
-Oui...Pourquoi... m'as-tu... laissée toute seule ici ?
-Pardon ?
-POURQUOI M'AS-TU LAISSEE TOUTE SEULE ICI ?! »
C'était la première fois que je voyais Aurélia dans cet état. Elle me reprit la bouteille de tequila des mains et s'en resservis un verre. Puis fut prise d'un fou rire. Elle eu toutes les peines du monde à reprendre son calme.
« -Aurélia...
-Raconte-moi. Pourquoi es-tu partie ? »
Cette fois elle avait imité le flegme habituel d'Bill pour me parler.
« -Tu as lu les magazines non ? Que veux-tu que j'ajoute de plus ?
-Alors tu ressors avec Slater ? »
La façon dont elle s'exprimait ressemblait comme deux gouttes d'eau à celle d'Bill. Elle avait dû passer plus de temps que je ne l'avais imaginé en sa compagnie.
« -J'ai seulement passé quelques vacances sympa en sa compagnie. Mais la présence des paparazzis à tout gâcher alors je suis rentrée. Fin de l'histoire.
-Bien. Si tu le dis.
-Tu vas arrêter de parler comme Bill ?!
-Qu'est-ce qu'il est pour toi ? Rien, non ? Tu l'as laissé tombé comme une vieille chaussette. Alors en quoi le fait que je parle comme lui t'agace ? »
Je poussais un long soupire.
« -Et bien vas-y ! Dis-le haut et fort !hurla-t-elle, je sais très bien ce que tu penses. Je ne suis qu'une pauvre fille stupide et écervelée qui ne comprend décidemment rien à rien. Je sors avec un mec génial mais il faut quand même que je cours après un autre qui n'en a rien à faire de moi. Alors de quel droit devrais-je me mêlé de ta vie amoureuse. Ou même de ta vie tout court !
-Tu vois...
-Je vois quoi ?
-Tu vois...que tu n'es pas aussi stupide que tu en à l'air. »
Aurélia fut, durant plusieurs minutes, complètement tétanisé sous l'effet de la colère. Lorsqu'elle recouvrit ses esprits, elle quitta brusquement la pièce en claquant la porte derrière elle.
Je restais figé sur ma chaise, insensible à ce qui se passait autour de moi.
Je regrettais ma réaction mais ne fit rien pour l'empêcher de partir. Je n'eu aucune réaction lorsque la bouteille de téquila s'écrasa sur le sol, répandant tout son contenue sur la nouvelle collection qu'avaient fait récemment parvenir les parents d'Aurélia à leur fille. Je ne réagis pas non plus lorsque j'entendis les sanglots de mon amie. Ni lorsque celle-ci claqua une autre porte, celle de la porte d'entrée.

Ce fut Matt qui me sorti de ma torpeur. Les cheveux en bataille, une chemise et un pantalon enfilés à la hâte- aucun des boutons n'avaient été boutonnés au bonne emplacement. Il me secoua vivement et planta son regard dans le mien.
J'avais envie de hurler. Tout allait de travers depuis mon retour. Fallait-il vraiment que je raconte tout ce qui m'était arrivé durant ces trois dernières semaines afin retrouvé mon quotidien ? Si je le faisais, Aurélia laisserai tomber Tom et retrouverait sa gaieté d'avant ? Nathan oublierai cette idée de mariage et romprai avec Mia ?
Comme à chaque fois que je retenais mes larmes, d'horribles nausées me clouèrent au sol. Je m'appuyais sur Matt qui me traina hors de la chambre d'Aurélia.
« -Où est-elle partie ? Demandais-je d'une voix faible.
-Ne t'inquiète pas pour ça. Pour le moment, suis-moi. »
Il me conduisit jusqu'à son appartement, à l'intérieur duquel Thibault m'attendait, une tasse de cappuccino à la main.
« -Je ne voulais pas que les choses prennent cette tournure, commençais-je, désemparée.
-On l'sait Nina, me répondit Thibault en me tendant la tasse.
-Ne t'inquiète pas, Aurélia va revenir.
-Alors vous l'avez vu partir ? »
Matt acquiesça. Puis me désigna le tapis qui se trouvait près de l'entrée. Je remarquais qu'une masse informe gesticulait dessus.
« -Elle était tellement soûle qu'elle n'a même pas fait trois mètres. Elle est venue s'effondré sur notre tapis. »
Je ne pus réprimer un sourire.
« -Bon, si tu nous racontais plutôt ce qui s'est passé durant ta longue disparition, demanda Matt.
-Moi aussi, ça m'intéresse. »
Je reconnue immédiatement la voix de Nathan.
« -Bien, je vais vous raconter. Mais avant je préfère attendre le réveille d'Aurélia. »
Je m'approchais de mon amie et lui caressais délicatement la tête. A présent j'avais hâte qu'elle se réveille afin de me libéré de ce fardeau.
# Posté le dimanche 09 septembre 2007 13:19
Modifié le samedi 07 mars 2009 18:58

Cinquième partie

Cinquième partie
Une fois arriver dans sa suite, je m'aperçu qu'une maquilleuse et une coiffeuse m'attendaient déjà. Une fois la magnifique robe Chanel- qu'il s'était procuré tout spécialement pour moi- enfilée, je pris place dans un des fauteuils de velours dont était pourvue sa chambre et laissais les deux jeunes filles qu'il avait fait venir, s'occuper de ma coiffure et de mon maquillage.
Je sentis pendant ce temps-là, sa main caresser la mienne avec tendresse.
« -J'ai l'impression d'être revenu trois ans en arrière. Pas toi N ? »
Je ne répondis pas. J'avais la désagréable sensation de trahir Bill. Et lorsque je fermais les yeux, je le voyais me regardé d'un air sombre, le visage torturé par la souffrance.
« -N...A quoi penses-tu ? »
Son souffle chaud caressa ma nuque. Je frissonnais.
« - Éric ! Tu as pensé qu'il me faudrait une paire de chaussure pour aller avec ma tenue ?
-Ne t'inquiète pas. J'ai pensé à tout. »
Il disparu quelque seconde puis revint avec plusieurs paquets sous le bras.
Il en sorti une superbe paire de Salomon de chez Hermès, une pochette gris métallisé-s'accordant parfaitement avec le noir de ma robe-bustier- et un ravissant petit bracelet de diamant.
« - Tu sais toujours aussi bien traiter les femmes, toi, raillais-je.
-Je ne suis attentionné qu'avec celles qui me plaisent. »
Je tournais la tête, troublée.
« -Et toi, tu ne comptes pas t'habillé pour l'occasion ? Lui demandais-je afin de détourner la conversation.
-Si. Je te laisse arranger ta tenue, j'en ai pour cinq minutes. »
Il se précipita dans sa salle de bain et reparu quelques minutes plus tard, l'air complètement transformé. Il avait revêtu une chemise de coton, blanche, légèrement entr'ouverte, laissant apparaitre le haut de son torse. Un pantalon moulant et une ceinture en cuir noir avaient remplacé son jean Levis. Quand à sa coiffure, il avait fait revenir quelques mèches vers l'avant, lui donnant un côté bestial.
La vision de Bill s'imposa à moi.
« Wahh, tu es...superbe, balbutiais-je. C'est la première fois que je te vois coiffé ainsi.
-Tu aimes ?
-Beaucoup. »

Lorsque la limousine s'arrêta au niveau du tapis rouge, je sentis mon c½ur palpité en voyant la foule amassé de part et d'autre de l'allée.
Cela faisait bien longtemps que je n'avais été à un tel évènement en compagnie d'une personne aussi adulé que l'était Éric à cet instant.
Je voyais le flash des appareils photo qui nous bombardaient tandis que nous avancions en direction de l'entrée du cinéma.
J'avais catégoriquement refusé qu'Éric et moi sortions de la voiture main dans la main. Il avait cependant profité de mon inattention pour poser une main dans mon dos et faire des signes dans ma direction aux journalistes.
Une fois à l'intérieur, une foule de gens se pressèrent autour d'Éric. Son manageur le réprimanda pour l'avoir fait attendre, des collègues de travail le félicitèrent pour l'engouement que suscitait son film et quelques fans, qui avaient réussi à se glisser à l'intérieur, lui réclamèrent un autographe.
J'avais l'impression de revenir trois ans en arrière. Je me souvenais encore de ces séances de dédicace interminable auxquels il me forçait à venir. Toute ces avant premières auxquels je me devais d'assister. Et ces galas pompeux dans lesquels il aimait tant se pavaner.
« -Oh ! Regarde qui voilà ! »
Je tournai la tête dans la direction qu'indiquait Éric. Une jeune fille à la frêle silhouette se déplaçait parmi les invités. Ses beaux cheveux bruns étaient retenus par une barrette en argent surmontée d'une rose en diamant. Sa robe de satin exposait un dos nu et laissait entrevoir une peau d'une extrême blancheur. Lorsque ses magnifiques yeux noisette se posèrent sur moi, un sourire fendit son visage.
« -Nina ! Appela Aurélia en sautillant sur place, car malgré la hauteur des talons qu'elle portait, elle ne dépassait pas pour autant la foule qui l'entourait. »
Je lui fis signe à mon tour, m'avançais puis me ravisais, apercevant derrière elle une autre silhouette tout aussi familière. Malgré le fait qu'il ne fut pas habillé- comme à son habitude- d'une casquette aux couleurs délavé et de vêtements bien trop large pour lui, je le reconnu immédiatement. Tom se tenait près d'elle, une main posé sur son épaule et la tête penché vers son visage angélique. Il avait l'air de se réjouir de cette situation. Bien qu'il ne fût pas encore très connu, tous les regards s'étaient tournés vers eux. Ils formaient un couple qui sortait de l'ordinaire, ou plutôt, étant tout les deux exceptionnellement beau, tous devait penser qu'ils formaient un couple idéal. Un couple de cinéma.
Me voyant faire demi-tour, Aurélia lâcha la main de son prétendant et traversa les quelques mètres qui nous séparaient.
« -Je suis heureuse de te voir ici, dit-elle une fois qu'elle fut fasse à moi.
-Moi aussi. Bien que je ne fusse pas au courant de ta venue ici ce soir.
- Ce n'était pas prévu. Mais j'ai reçu un appel d'Éric tout à l'heure me priant de venir assister à sa première. Tu n'imagines pas ma surprise ! Depuis quand vous êtes-vous réconcilier ?
-Ce soir, répondis-je après un long silence. Je t'expliquerais, ajoutais-je voyant son air perplexe. »
Elle acquiesça légèrement puis détailla ma tenue.
« -Est-ce un cadeau d'Éric ? demanda-t-elle après avoir fini son inspection.
-Oui. »
Un silence pesant s'installa entre nous. Aurélia fixait avec un peu trop d'insistance ma nouvelle paire de chaussure. Je cherchais des yeux le poulpe. Je fus rassuré de constater qu'il se trouvait de l'autre côté de la salle, en train de discuté avec ferveur avec une très belle actrices dont le t-shirt moulant était un peu trop décolleté.
Il n'était donc pas aussi attaché à Aurélia. Je savais que cela ferait souffrir mon amie mais l'idée de la voir partagé un jour sa vie avec ce Dom Juan me répugnait.
Je quittais à contrec½ur cette scène des yeux en sentant deux mains se posé sur mes épaules et glisser rapidement vers ma taille.
« Bonsoir Aurélia, résonna la voix derrière moi.
-Bonsoir Éric, lui répondit Aurélia de sa voix mélodieuse. »
Le contraste entre leur timbre de voix était encore plus saisissant lorsqu'ils se trouvaient côte à côte. Je me dégageai vivement de son étreinte et je m'éloignais de quelques pas.
« -C'est bon, c'est bon. Je vais voir ailleurs. »
Il tourna les talons, vexé.
« -Nina, pendant que j'y suis, il faut que je te demande quelque chose. La situation était vraiment confuse tout à l'heure. Qu'as-tu dit à Bill pour qu'il soit autant en colère. »
Je revis son air désemparé et ses paroles résonnèrent encore dans ma tête.
« -Je n'ai été qu'un remplaçant. »
Je pensais que revoir Éric m'aiderai à éclaircir ce point. Maintenant que je me retrouvais de nouveau à ces côtés, il était évident qu'il m'avait énormément manqué. Il avait été le premier homme que j'avais réellement aimé. Je m'étais entièrement donné à lui. Et même si notre relation n'avait pas durée bien longtemps, je n'avais regretté aucun de nos moments passés ensemble.
Il avait le même regard que Bill, la même arrogance, la même audace, la même façon de s'exprimé. C'est pourquoi ma raison ne pouvait contredire les paroles de Bill.
Alors pourquoi mon c½ur hurlait que je me trompais ?
« -Il est venu ici. »
Je relevais la tête, complètement désorienté.
« -Que dis-tu ? De qui parles-tu ? »
Je n'eu pas besoin d'attendre sa réponse. Il était évident qu'elle ne parlait que d'une seule personne.
« -Bill est venue ici ce soir. J'ai demandé à Éric si je pouvais venir accompagnée. Et il a accepté. Tous les membres du groupe sont là, à vrai dire.
-Super ! Tu sais pourtant que les animaux ne sont pas acceptés dans les cinémas !
-Très drôle. Si je suis bien ton raisonnement, ils seraient tous associé à un animal. Quel serait celui Georg ?
-N'est-ce pas évident ? Tu ne trouves pas qu'il a une démarche un peu trop rustre ? Il ressemble trait pour trait à un primate ! Ou un anthropopithèque, si tu préfères.»
Aurélia ne pus s'empêcher de rire.
« -Et Gustav ? demanda-t-elle en essayant de retrouvé son sérieux.
-Un rongeur potelé. Une souris peut-être ? Qui n'aurait pas fait assez de sport.
- Tu es vraiment méchante !s'esclaffa-t-elle, et Tom ?
- Un pieuvre géante !
- Quoi ?
- Si,si, je t'assure. »
Je tortillais rapidement plusieurs mèches de cheveux et lui fis un mime de son prince charmant.
« -C'est bon arrête ! J'en peux plus, dit-elle en massant ses côtes douloureuses. Au non, attends ! Et Bill, ce serait quel animal ?
-Bill ? Et bien... »
Je fermais les yeux essayant d'imaginer à quel animal il ressemblait le plus. Je voulu d'abord à le comparer à quelque chose qui aurait encore provoqué l'hilarité d'Aurélia. Mais aucun de ces animaux ne lui correspondait réellement.
« -Alors ? S'impatienta Aurélia.
-Je cherche, je cherche, marmonnais-je.
- Tu n'y as jamais pensé ?
-Non, avouais-je.
-Bon...et bien essaye déjà de le visualisé. C'est bon ?
-Attends... »
Pourquoi à chaque fois que j'essayais de me le représenter je ne pouvais voir que ses yeux d'un noir profond embué de larmes de colère ? Je n'arrivais pas à me concentrer. Je brûlais juste d'envie de me jeter dans ses bras et de le serrer contre moi.
« -Nina, souffla une voix à mon oreille. »
Je me retournai.
« -La projection va commencer, tu viens ? »
Éric attrapa doucement ma main et la serra dans la sienne. Puis il m'entraina à l'intérieur de la salle de cinéma.

Lorsque le film se termina, la soirée était déjà bien avancée. La ville commençait à devenir plus calme. Seul le bruit incessant des voitures venait troubler le silence de la rue. J'avais réussi à m'éclipser à la fin de la séance, tandis qu'Éric se soumettait à l'habituelle conférence de presse qui suivait la projection d'un film.
Le vent renforçait la froideur de la nuit, et je n'étais pas mécontente d'avoir emporté un manteau de fourrure avec moi.
Je sortis mon paquet de cigarette et mon briquet, et parti m'installer sur le rebord du balcon.
Éric avait passé les deux heures qu'avait durée le film à me parler à ma voix basse de choses et d'autres. Mais certaines paroles tournaient encore en boucle dans ma tête.
« -Nina, avait-il dit posa sa main sur ma joue, veux-tu m'accompagné ?
-Où ça ? Lui avais-je demandé tout en pensant qu'il me proposait de le suivre à son hôtel à la fin de la soirée.
- La campagne de promotion de ce film doit durée encore trois semaines. Je veux que tu viennes avec moi. »
Un peu de cendre de cigarette tomba sur ma main, me faisant sortir de ma rêverie. Je chassais rapidement ces idées de mon esprit et sortie une nouvelle cigarette de mon paquet. J'entendis vaguement une porte se claquer puis des bruits de pas se rapprocher.
Je n'eu pas besoin de me retourner pour savoir de qui il s'agissait. Son parfum envahissait complètement tout l'atmosphère. Je sentis son souffle se posé sur ma nuque. Je tressaillis.
« -Très intéressant ce film. »
Je levais les yeux. Je crus d'abord que mes yeux me jouaient des tours. Je m'étais attendu à le voir en costume à l'instar de son frère mais il avait revêtu une veste de cuir noir, ainsi qu'un jean moulant et un t-shirt légèrement déchiré. Divers bagues, boucles d'oreille, collier et autres accessoires en forme de tête de mort venaient compléter sa tenue.
Ses cheveux avaient été soigneusement lissés et resplendissaient sous les rayons du clair de lune.
« -Tu sais, ton départ tout à l'heure m'a fait de la peine. »
Je restais bouche-bée. Je ne savais que répondre. Le sentiment qui m'avait assailli quelques heures plus tôt n'en devenait que plus fort maintenant que je me trouvais face à lui.
J'avais envie de passé ma main sur son visage. De sentir sa chaleur contre moi. J'avais l'impression que mon c½ur allait exploser.
« -Ton poignet à l'air d'aller mieux. Il ne te fait plus souffrir ? »
A ces mots, la douleur se raviva. J'avais eu l'esprit si occupé durant la soirée que je n'avais pas pensé une seule seconde à faire attention à ce que ma main reste immobile.
J'aperçu avec horreur que celle-ci avait doublé de volume. Je ne pus retenir un gémissement.
« -C'est bien ce que je pensais, ricana Bill, tiens ! Je t'ai apporté de la glace. »
Il fit un pas en avant et déposa délicatement le sac rempli de glaçon qu'il avait pris soin de m'apporté. Je voulu le remercier mais les mots restèrent coincés au fond de ma gorge.
Il soupira.
« Je suis content d'être venu ce soir, dit-il sans me regarder. »
Il était à présent si près que je pouvais voir le contour de ses lèvres malgré l'obscurité qui nous entourait. Je me rapprochais.
« -J'ai pu constater..., continua-t-il le regard toujours perdu dans le vide, que tout était rentré dans l'ordre.
-De quoi parles-tu ? M'entendis-je lui répondre.
-Tu as fait ton choix, n'est-ce pas ?
-Mon choix ?
- Oui. Après la discussion que nous avons eue cette après-midi. »
Je sentais la colère monter.
« -Exprime-toi clairement, lui ordonnais-je tout en plantant mes ongles dans ma cuisse afin de ne pas perdre mon calme.
-Tu le sais très bien.
-Je ne te le demanderai pas sinon.
-Ne vois-tu pas à quel point c'est pénible pour moi de le dire ?
-Explique-toi ! »
Il secoua lentement la tête, fis quelques pas en arrière puis poussa de nouveau un long soupire.
« -Bien, alors si tu fais celle qui ne veux pas comprendre, je vais t'exposé clairement la situation.
-C'est pas trop tôt ! Explosais-je, vas-y je t'écoute.
-C'est simple, dit-il calmement. J'apprends l'existence de ton ex-petit ami avec lequel, semble-t-il, j'ai quelques points communs. Je te parle de mes doutes et le soir même je te retrouve dans ses bras. Comment veux-tu que je le prenne Nina ? »
Je retirai mes ongles de ma cuisse douloureuse et la massa machinalement.
« -Mais y'avait seulement quelque chose entre nous monsieur Kaulitz ? »
Bill me fixa, interdit.
« -Pourquoi cela aurait-il de l'importance pour toi ? Après tout, on vient juste de se rencontrer. Nous apprenons à nous connaitre. Qu'est-ce que je suis pour toi sinon une inconnue que tu as rencontré par hasard dans un magasin il y a quelques semaines ? »
Je vis son poing se serrer.
« -Qu'est-ce que je suis pour toi ? Insistais-je »
Je me levais et avançais ma main vers lui.
« -Tu as raison. »
Je crus que mes forces allaient m'abandonner.
« -Quoi ?
-Oui. Tu as raison. Nous ne sommes rien pour l'autre. Pour le moment. »
Il me fallut un moment avant de recouvrer mes esprits. C'est alors qu'une haine intense m'envahi.
« -Mais...Nina...je...
-Bill, le coupais-je froidement.
-Oui ?
-Peux-tu faire passer un message pour moi à Aurélia s'il te plait ? »
Ma question le désarçonna.
« -Si tu veux, dit-il incrédule.
-Dis lui qu'elle ne me reverra pas avant quelques semaines. Je pars avec Éric. »


# Posté le samedi 25 août 2007 20:33
Modifié le lundi 16 février 2009 16:52

Cinquième partie

Cinquième partie
Chapitre 5


C'était sur ces paroles que j'avais quitté Bill pour courir me refugier à mon appartement.
Le pauvre, n'avait surement pas compris le sens que cachaient ces mots. Il n'avait cependant rien dit et s'était contenter de me suivre des yeux tandis que m'éloignait en toute hâte de cet hôtel, et de lui.
J'avais ensuite ordonné au premier chauffeur de taxi qui passait par là de me déposé dans la rue des champs Elysées.
C'est ainsi que je m'étais retrouvé dix minutes plus tard au bas de mon immeuble. J'y avais retrouvé Thibault et Matt qui s'apprêtaient à aller fêter le succès qu'avait connu l'exposition de la veille.
Nous avions discuté un moment, puis j'avais reçu un appel de mon frère. Cette fois-ci je m'étais empressé de décrocher. Le son de sa voix me manquait terriblement.
La suite des évènements étaient devenus beaucoup plus flou. Je me revois encore monter lourdement les escaliers qui menaient à mon appartement. Une première !
J'étais complètement déboussolée. Je ne comprenais pas ce qui m'avait mis dans cet état ni pourquoi une heure plus tard je me trouvais au bar du Four Season, un cosmopolitain à la main.

« -Tu es en retard N, me susurra une voix au creux de l'oreille.
-Jamais, mon très cher Eric ! »
Je me retournais et fis face à cet élégant jeune homme aux beaux cheveux ambrés. Contrairement à Bill, sa coiffure était la perfection même. Chacun de ses cheveux avait été soigneusement tiré vers l'arrière et lissé jusqu'à la pointe.
Il me fit son plus beau sourire avant de prendre place à mes côtés et commander la même boisson que moi.
Le barman déposa le cocktail à la teinte orangé. Eric n'y toucha pas et se contenta d'y plongé son regard. Tandis que moi je me perdais dans ses magnifiques prunelles azurées. La sérénité et le calme qu'il dégageait réussirent à m'apaisé.

« - J'ai pensé que tu ne viendrai pas, dit-il enfin.
-Cela fait juste trois ans que nous ne nous sommes pas revus.
-J'ai pensé qu'Aurélia t'aurai empêché de venir.
-Tout cela appartient au passé maintenant.
-Je te connais trop bien pour savoir qu'il y a une raison pour que tu sois venue ici ce soir.
- Il n'y en aucune en particulier, protestai-je.
-Si tu ne veux rien me dire, ce n'est pas grave. »
Il posa délicatement sa main sur ma joue. Je fermais les yeux. Il avait raison, et je le savais. Mais je me refusais à penser à tout cela.
« -Comment va ton frère ? demanda-t-il doucement tout en posant sa tête sur mon épaule, comme si essayait de me calmer. »
Nous ne nous étions retrouvés que depuis quelques minutes mais il avait déjà compris ce qui me tracassait.
« -Il va bien, répondis-je d'une voix faible.
-Et Mia ? »
Je baissais la tête et le regardais, stupéfaite.
« -C'est bien à cause d'elle que tu es aussi tourmentée ce soir ?
-Comment... ?
-Personne ne te connaît mieux que moi Nina. »
Il passa fougueusement sa main dans mes cheveux et posa sa bouche sur la mienne. Son baiser me fit perdre quelque instant la notion du temps. J'entendais au loin la voix de Mia qui résonnait dans ma tête.
« -Que t'a-t-elle dit Nina ? me demanda-t-il dans un souffle. »
Je secouais la tête.
« - Dis-le-moi. Je suis sûr que cela te soulagera. »
Je le repoussais. Il reprit sa place initiale, en face de son Cosmopolitain. Mais cette fois ses yeux étaient rivés sur moi.
« -Ce n'est rien. Vraiment !affirmais-je en soutenant son regard.
-Alors pourquoi ne veux-tu pas me le dire ?
-Parfait ! Si tu insiste, je vais tout te dire.
- Je t'écoute. »
Son attitude me décontenança. Lui qui s'était montrer si froid et ambitieux, ces derniers temps. Il paraissait tout à coup, si compatissant, si humain. Il me faisait un peu pensé à Bill.
« -Elle m'a juste appelé pour me dire qu'elle avait fait l'acquisition d'une toute nouvelle vaisselle.
-Et ? »
Je sentais les mots se coincé au fond de ma gorge.
« -Sur cette vaisselle, elle a fait graver leur deux prénoms.
-Oh !
- Tu vois ! Je t'avais dis que ce n'était rien. »
Eric but une gorgé de son verre, impassible.
« -Mais pour toi...c'est comme si elle venait de t'annoncer leur mariage.
-C'est vrai, reconnue-je.
-Je vois que tu n'as pas du tout changé. Ton frère compte toujours autant pour toi. »
Je ne répondis pas. Il posa lentement son verre et se pencha vers moi.
« -Ne t'en fais pas. Tu n'es pas seule. Je serais toujours là pour toi.»
Il fit glisser lentement ses mains sur ma nuque.
« -Encore une de tes répliques de film ?
-Non. Lorsque je suis avec toi, je ne peux juste pas m'empêcher de dire la vérité. »
Il déposa un baiser sur mon front, puis sur le bout de mon nez.
« -Nina, il y a quelque chose dont je dois te parler.
-Qu'y a-t-il ?
-Sais-tu pourquoi je suis revenu ici ce soir ?
-Car l'avant première de ton film se déroule ici aujourd'hui.
-Pas seulement. C'est moi qui aie insisté pour que Paris soit la deuxième ville d'Europe dans laquelle je viendrai faire la promotion de ce film.
-Ah ? Et pourquoi cela ?
- Il faut que tu saches, qu'il y a quelques jours je me trouvais à Londres. »
Je sentis mon c½ur se serrer.
« -Où veux-tu en venir ?
-J'ai croisé Nathan. Il se rendait dans une bijouterie. Je crois que cet appel de Mia n'était pas anodin. Elle voulait sûrement te préparé à entendre une nouvelle qui risque fortement de te déplaire. »
Mes mains se mirent à trembler.
« -Nina, écoute-moi. Je sais combien cette nouvelle te fera souffrir. C'est pour ça que je suis venu ici. Je voulais être à tes côtés. Je n'ai jamais pu t'oublier. Même après notre séparation. »
Comme si le destin voulait s'acharner contre moi, j'entendis la sonnerie de mon portable retentir. Aurélia me prévenait qu'elle passerait la nuit en compagnie de Tom.
Je du m'accouder au comptoir pour ne pas défaillir.
Les personnes que j'aimais le plus au monde allaient m'abandonner. Bill devait sûrement me haïr à présent. Thibault et Matt se suffisaient déjà l'un l'autre. Quand à Eric, il m'avait déjà abandonné, il y a bien longtemps.
J'étais seule. Ma vie était complètement dénuée de sens.
Je fermais les yeux quelques instants essayant de chasser toutes mes angoisses.

« -Je sais ce que tu pense Nina. »
La voix d'Eric était de plus en plus lointaine.
« -Ne t'en fais pas. Je serais toujours là pour toi. Je ne te laisserais jamais seule.»
C'était les mots que je désirais le plus entendre.
« -Je veux que nous recommencions là où nous nous étions arrêtés. Il y a trois ans. Qu'en dis-tu ? »
Ces mots étaient pour moi comme un remède à tous mes maux.
« -Bien...répondis-je, laisse-moi d'abord y réfléchir.
-Parfait ! Alors fini ton verre et suis-moi !
-Où ça ?
- A l'avant première de mon film, bien sûr. Dépêches-toi, nous allons être en retard. Il y a une robe de soirée qui t'attend dans ma suite.»
J'attrapais mon verre et fini son contenu en une gorgé. Dans quoi venais-je de m'embarquer ?
# Posté le samedi 14 avril 2007 09:56
Modifié le vendredi 06 février 2009 14:27

quatrième partie

quatrième partie
Bill se trouvait en haut des marches, légèrement adossé contre le mur, les joues rosies comme s'il venait de courir le marathon. Il rejeta élégamment une des mèches rebelles qui tombait devant ses yeux puis s'approcha de nous, un sourire aux lèvres.
« -Ravi de vous revoir aussi vite très chère, dit-il d'un air triomphant, le trajet n'a pas été trop fatiguant ?
- Arrête de te croire dans un film, le rembarrais-je sèchement, prend ton truc et on rentre chez nous ! »
Je sentis l'étreinte d'Aurélia se resserrer.
« -A moins que tu ne nous proposes de nous faire visiter ta suite, ajoutais-je à contre c½ur, même si je doute qu'elle soit très impressionnante.
- Tu serais surprise, rétorqua Bill avec condescendance.
- Bien allons-y ! Lança Aurélia en faisant signe à Bill de nous montrer le chemin. »
Ce dernier lui lança un regard glacial. Il ne supportait apparemment pas qu'elle ait interrompu notre jouxte. Mais il préféra garder le silence sachant que tôt ou tard nous serions bien obligé de la continuer. Il nous conduisit jusqu'au bout du couloir, puis nous fit entrer dans sa fameuse suite. Rien de très impressionnant, comme je l'imaginais. Enfin, pour une Davis.
Aurélia fit semblant de s'extasier devant la beauté des meubles, ce qui détendit quelque peu l'atmosphère. Tom sorti d'une des chambres annexe et vint se joindre à nous. Il lança un sourire complice à son frère puis s'approcha pour me faire la bise. Puis il se tourna lentement vers Aurélia et lui adressa un de ses plus beaux sourires.

« Quel dragueur! Pensais-je.» Mais apparemment cela n'avait pas l'air de gêner Aurélia. A mes yeux c'était tout ce qui importait.
« - Comment vas-tu Nina? Demanda-t-il d'un air faussement enjouer.
-Depuis quand as-tu le droit de m'adresser la parole toi? Je ne me souviens pas t'en avoir donné la permission, lui répondis-je froidement.
-Voyons Nina! S'exclama-t-il tout en riant nerveusement. »
Il me tapota amicalement l'épaule, ce qui eut pour effet de me faire sortir de mes gongs.
« -Tu ferais mieux de retirer ta main de mon épaule, immédiatement ! »
Le mollusque ne se le fit pas dire deux fois et s'empressa de renoncer à cette amitié feinte. Il se tourna alors vers ses deux compagnons qui l'avaient rejoins et engagea la conversation avec eux, comme si de rien n'était. Je n'avais pas besoin de me retourner pour sentir le regard empli de chagrin qui le fixait à l'autre bout de la pièce. J'avais beaucoup de mal à supporter cette situation.
« -Si on a fait tout ce chemin pour qu'il t'ignore, autant rentrer, soufflais-je à Aurélia. »
Elle me lança un regard effrayé et secoua la tête violemment.
« -Qu'y a-t-il ? demanda Bill d'un ton détaché.
-Rien du tout ! S'empressa de lui répondre Aurélia, tout en baissant la tête afin de tenter de cacher sa gêne, car à présent tous les regards étaient tournés vers elle.
-Ah ! Aurélia ! s'exclama Tom, comme s'il venait juste de se rappeler de sa présence, ça te dirait de venir voir la chambre de Georg ?
- Avec joie ! S'extasia celle-ci.
- Et toi Nina ?
- Georg... C'est bien lui qui a répondu sur le portable de Bill tout à l'heure, non ? »
Le plus grand des deux garçons acquiesça vivement sans pour autant déranger son brushing impeccable.
« -Non merci alors. Je n'aime pas les gens qui se moquent aussi ouvertement de moi.»
Le primate voulu répliquer mais les mots semblairent lui manquer. Il renonça finalement et suivit Tom de sa démarche disgracieuse. Ce dernier fit signe à Aurélia de les suivre, ce qu'elle fit sans attendre.
Je réprimai un grognement tandis que je les vis s'engouffrer dans la pièce d'à côté.

« -Bien, puisque je n'ai plus rien à faire ici, je vais prendre congé, dis-je après m'être assuré que le groupe s'était assez éloigné pour ne pas m'entendre. Je ne voulais pas qu'Aurélia se sente délaissée. »
Bill fit semblant de ne pas m'avoir entendu. Un garçon blond et un peu rond –il devait s'agir de Gustave- s'approcha prudemment vers moi puis me déposa un baiser sur chaque joue.
« A bientôt, me dit-il en anglais.
-Oui, a bientôt. »
Je lançai un regard derrière moi. Bill s'obstinait toujours à faire comme si de rien n'était.
« -Au revoir M .l'arrogant, lâchais-je avant de franchir le pas de la porte. »
Il ne me fallut que quelques secondes pour atteindre l'ascenseur. J'eu pourtant l'impression d'avoir mis une éternité. Plus j'avançais et plus le couloir semblait s'allonger. De là où je me trouvais, je pouvais voir la masse chaotique qui était toujours agglutinée devant l'hôtel. Je sentais une boule se former au fond de ma gorge sans en comprendre pour autant la raison.
Je me demandais à présent si venir ici avait vraiment été une bonne chose. M'étais-je seulement servie du béguin qu'avait mon amie pour le céphalopode afin de le revoir ?
Il me fallut un moment avant de m'apercevoir que ce je ressentais à cet instant-là était un sentiment tout nouveau pour moi. J'étais frustrée. Et je n'arrivais pas à en déterminer la cause.
Le son de cloche de l'ascenseur me fit soudain revenir à la réalité. Je m'engouffrai à l'intérieur, enfilai mon manteau, sorti un petit miroir de mon sac et... Je ne pus me retenir de pousser cri. Il se tenait là, derrière moi. Sa bouche à quelques centimètres de mon oreille, ses mains posées sur mes hanches.

« -Reste. »
Je senti son parfum m'enivrer, son souffle chaud sur ma nuque me transporter et son étreinte m'apaiser. Il me fallut un moment avant de me ressaisir.
« -Que me veux-tu ?
-Juste apprendre à te connaitre.
-Pourquoi moi ?
-Je...ne sais pas... »
Il fronça légèrement les sourcils et relâcha quelque peu son étreinte.
« Suis-moi ! »
Il m'entraina à l'intérieur de sa suite, Gustave se trouvait toujours là, adosser contre l'un des murs.
« Va me chercher les autres ! lui ordonna-t-il en allemand. »
Se dernier s'exécuta sur le champ. Quelques minutes plus tard, les trois garçons ainsi qu'Aurélia, étaient revenu dans la chambre.
« - Bien, vous tous, écoutez-moi, commença Bill après s'être éclairci la gorge, j'aimerai vous présentez officiellement quelqu'un.
- Non Bill ! Tu ne vas pas faire ça ! Protestais-je. »
Il s'écarta de quelques pas sur le côté et pointant son doigt vers moi.
« - Je vous présente Nina. »
Je ne savais pas ce qui me retenait de lui donner une claque.
« - Ne t'inquiète pas Nina, dit Tom en attrapant son frère par l'épaule, à la naissance il n'a eu que la moitié de son cerveau. C'est pour ça qu'on le prend souvent pour un arriéré. »
Bill rougit et disparu dans la pièce d'à côté, vexé.
« -Allons Bill-chou, ce n'est pas grave, essaya de le rassurer Aurélia tout en se retenant d'éclater de rire comme les autres. »

Nous passâmes tout le reste de l'après-midi dans la suite du groupe ainsi que la soirée. Aurélia ne voulant pas quitter Tom, je ne voulais pas l'empêcher de passer le plus de temps possible en sa compagnie.
Une fois les desserts consommé et le huitième cocktail de la soirée terminé, il me paru évident que l'heure de rentrer était largement dépasser.

« -Bien, je pense qu'il est l'heure de rentrer chez nous, n'est-ce pas Aurélia ? »
Celle-ci acquiesça à contre c½ur et quitta les bras de Tom pour aller récupérer son manteau.
« Hé, les gars ! S'exclama-t-elle lorsqu'elle revint dans la pièce. Je ne savais pas que vous étiez fan de lui ! »
Elle brandit sous leur nez une énorme affiche de film.
« - Ah, lui ! Non, c'est juste Gustave qui est fan de lui. Nous, on ne peut pas le blairer, répondit Tom d'une voix trainante.
-Et bien tu as raison Gustave, c'est un très bonne acteur ! rétorqua Aurélia. »
Sa réaction piqua quelque peu ma curiosité.
« - Fait voir cette affiche, Aurélia, lui demandais-je en tendant la main vers elle.
-Pas besoin de te la monter, Nina. Tu le connais très bien. C'est Eric.
- Eric Slater ?! M'écriais-je.
- Oui.»
Aurélia partit reposer l'affiche, me laissant seul affronter les regards des quatre garçons. Certains étaient emprunt d'étonnement, d'autres de colère.
« - Ne me dites pas que c'est l'un de vos amis ! S'enquit Tom.
-C'est un ex-petit ami de Nina, lui répondit fièrement Aurélia. »
Je vis les traits de Bill se durcir.
« -Vous connaissez le film « My Heart » ? Poursuivie Aurélia, le regard pétillant.
- Oui, bien sûr ! Le film qui l'a fait connaitre aux yeux du public! s'exclama Gustav, quittant son calme habituel. 
-C'est ça ! Et bien nous l'avons connu sur le plateau de ce film.
-C'est pas vrai ?! »
Le murmure des conversations s'était soudain estompé. Les garçons semblaient aussi abasourdis que moi devant la réaction de Gustav. Lui qui était si réserver d'ordinaire, s'était lancé dans un échange passionné avec Aurélia. Je ne voyais vraiment pas ce qu'il trouvait de si extraordinaire à Eric. C'était quelqu'un de simple, quoi qu'un peu excentrique. Il aimait beaucoup s'afficher en compagnie de jolies filles et faire la une des journaux à scandale. Une star, tout ce qu'il y avait de plus banal.
« -Tu sais Gustav, ce n'est rien plus qu'une personne comme les autres..., commençais-je.
-Mais tu es sorti avec lui ! Il ne devait pas être si ordinaire que ça. »
Je me rendis compte avec surprise que cette réflexion provenait de Bill.
« -Il est vrai que je suis sorti avec lui, continuais-je, mais je ne vois pas en quoi cela en ferait quelqu'un d'exceptionnel.
- Tu côtoie des stars depuis ton enfance. Tu me l'as toi-même avoué. Alors il devait bien avoir quelque chose de peu commun qui ai fait que tu  l'ai remarqué, non ? »
Je sentais au son de sa voix une pointe d'irritation.
« -Calme-toi Bill. C'est du passé. Ce n'est pas la peine de reparler de choses aussi vieilles.
-Mais je suis très calme au contraire ! protesta-t-il.
-Bien. Alors ce chapitre est clos. Parlons d'autre chose.
-Non ! Je tiens à savoir. Qu'avait-il de plus ?
-Ce ne sont pas tes affaires !criais-je, sentant à mon tour la colère monter.
-Et pourtant je... !
-Son arrogance ! 
-Aurélia ! Tais-toi ! Hurlais-je cette fois contre mon amie.
-Mais... !»
Un bruit sourd retentit. J'avais, de rage, projeté ma main contre le visage de mon amie. Mais ce ne fut pas elle qui reçut le coup. Voyant mon geste, son prince charmant s'était interposer entre nous et avait protégé son visage. A partir de cet instant, je compris que quoi qu'il arriverait, Aurélia serait encore plus sous son charme et que je ne pourrai plus lui faire entendre raison. Cette conduite chevaleresque ne fit qu'attiser ma colère.
Je me levais d'un bond, et quittait la suite, claquant la porte derrière moi du plus fort que je pus.
J'attendis un moment qu'Aurélia vienne me rejoindre. Puis voyant que personne ne venait à ma rencontre, je décidais de faire demi-tour.
A ma grande surprise, personne n'avait été affecté par mon départ. Ils continuaient tranquillement leur conversation. Si ma présence leur importait à ce point, je faisais mieux de rentrer le plus vite possible. Je tournais les talons, traversais le couloir le plus rapidement possible et décidait, cette fois, de prendre les escaliers au lieu de l'ascenseur. Je pris cependant tout mon temps pour descendre les marche, veillant à garder une posture droite et digne, au cas où Bill ce serait finalement décidé à me poursuivre. Mais rien ne se passa. Lorsque j'atteignis enfin la dernière marche, je pris le risque de sortir un miroir de mon sac afin de vérifier que je n'étais pas suivie. Seul un garçon d'étage se trouvait derrière moi, et il paraissait extrêmement agacé par mon attitude.

« -Un problème ? Lui demandais-je sèchement. »
Le jeune homme haussa les épaules puis me dépassa comme si de rien n'était.
J'hésitais à rentrer. Non que la colère se fut dissiper. Mais laisser les choses tels quelles étaient, était pour moi une sorte d'abandon. J'avais perdu la partie. Je n'avais pas l'habitude qu'on me laisse ainsi de côté. Surtout de la part de ma meilleure amie. Je ne pouvais décidément pas laisser les choses de la sorte.
Je revins doucement sur mes pas, comptant à voix basse les secondes qui passaient. Je ne voulais pas non plus revenir trop vite.

« -29...30...31...
-Nina ! »
C'était la voix de Bill.
« -Laisse-moi tranquille ! Qu'est-ce que tu me veux ?
-C'est plutôt à moi de te demander ça ?
-Quoi ?! »
Que voulait-il dire par là ?
J'attendis patiemment qu'il s'explique. Enfin...aussi patiemment que ma nature le permettait.

« -Vas-y ! Exprime-toi ! Lui criais-je au bout d'une seconde.
-Te rappelles-tu comment tu m'as appelé tout à l'heure ?
-Hein ? A quel moment ?
-Juste avant de quitter la suite. La première fois.
-Et Alors ? Je ne vois pas le rapport. Pourquoi te mets-tu dans tous tes états.
- Ce que tu aimais chez ce type c'était son arrogance... »
Sa voix n'était à présent plus qu'un murmure.
« -Qu'est-ce que tu dis ? Je ne t'entends pas. »
Il baissa lentement la tête, ses mèches rebelles venant se placer délicatement devant son visage. Celui-ci à moitié cacher par les ombres que créaient les lumières artificielles accrochées aux murs. Je fis un pas en avant, une main tendu vers lui.
« -Je n'ai été qu'un remplaçant, marmonna-t-il au bout d'un moment. »
J'arrêtais mon geste.
« - Que veux-tu dire par là ? »
Il releva brusquement la tête. Ses traits étaient tendus. Un mélange de haine et de tristesse avaient tordu son magnifique sourire en un horrible rictus.
« -Pourquoi es-tu venue me parler ce jour-là ? Je ne t'avais pourtant rien demandé !
-Moi non plus ! Ce n'est qu'un concours de circonstance.
- Pourquoi a-t-il fallu que tu viennes précisément dans CETTE boutique, à CE moment-là ? Tu te crois vraiment tout permis ! Bien sûr, il fallait que mademoiselle Nina fasse ses courses ce jour-là !
- Pour qui te prends-tu ? Si tu n'avais pas fait fermer le magasin, je n'aurais pas réagi ! Que sais-tu de moi pour me parler ainsi ?
- Et toi ?! Que sais-tu de moi ?...A part que je suis arrogant...comme lui... »
Je sentis sa voix se briser. Je ne savais plus quoi répondre. Il était vrai que Bill présentait les mêmes traits de caractère qu'Éric. Mais mon inconscient n'avait pas pu me pousser vers lui à cause de ça. Cette sensation de bien-être, n'était-elle qu'une réminiscence de mes moments passer avec Éric ? Je ne pouvais me résoudre à y croire.
Alors que j'étais perdu dans mes pensées, une musique me ramena à la réalité. Une personne dont le numéro était masqué tentait de me joindre. J'appuyais fébrilement sur la touche « décrocher ».

« -Allô ?
-Hello N ! Tu te souviens de moi ? »
Je cru que mes jambes allaient céder.
« - Que me veux-tu ?
-Allons ! Ne sois pas aussi dur ! Je suis de passage en France et j'ai pensé qu'on aurait pu se voir.
-Hors de question.
-Allez ! Je sais que tu rêve d'un mojito ou d'une bonne vodka tonic. Je t'attends au bar du Four Season.
-j'ai dis non.
-Ce soir, 22h. Ne sois pas en retard. »
Sur ce, l'inconnu raccrocha. Bill s'avança vers moi, l'air incertain.
« -Qui était-ce ? »
Il me fallut un moment avant de lui répondre.
« -Je crois qu'on peut dire...qu'il s'agit d'un appelle du destin. »
# Posté le mercredi 04 avril 2007 13:39
Modifié le vendredi 23 janvier 2009 19:31

Quatrième partie

Quatrième partie
Son visage s'empourpra légèrement.
« -comment comptes-tu t'y prendre ? me demanda-t-elle sceptique.
- Attends deux minutes, lui répondis-je tout en cherchant des yeux mon portable, ah ! le voilà ! Bien, si je ne me trompes pas... il doit être ici...
- « il » ?
- Tadam ! jubilais-je en lui présentant l'écran sous le nez.
- Et ? C'est simplement un numéro de portable !
- Mais pas n'importe lequel ! »
Elle écarquilla les yeux puis s'empara de l'appareil.
« C'est pas vrai ?! explosa-t-elle, comment as-tu fais pour avoir le numéro de portable de Tom ?!
- C'est celui de Bill, idiote. »
Son visage se figea. Elle tourna lentement ses magnifiques yeux noisette vers moi avant de froncer les sourcils.
« - Je croyais qu'il n'y avait rien entre vous..., commença-t-elle, déconcertée.
- Mais non ! Ce n'est pas ce que tu crois, protestai-je tout en reprenant mon portable de ses mains, je t'expliquerai plus tard. Pour faire court, j'ai dû appeler sur mon portable avec celui de Bill... et je n'ai pas effacé mon historique d'appels depuis.
- Oh... je vois, murmura-t-elle d'une voix pleine de sous-entendu.
- Ce n'est pas ce que tu crois ! grognais-je.
- Ouais, ça c'est ce que tu d...
- Chut ! la coupai-je, je suis en train de l'appeler. »
Je n'attendis pas longtemps avant que quelqu'un décroche. Mais ce fut une grosse voix rauque, aux intonations étrangères qui me répondit.
« - Je suis bien sur le portable de Bill Kaulitz ? demandai-je d'une voix troublé.
- Il n'est pas disponible pour le moment, me répondit la voix.
- Bien. Alors pourriez-vous lui dire que Nina Davis l'a appelé ?
- Nina Davis ? répéta la voix en détachant chaque syllabe. »
Soudain un éclat de rire tonitruant retentit qui fut vite rejoignit par d'autres. Puis la voix de Bill apparu en fond sonore. Il paraissait très agacé.
« Georg ! » L'entendis-je hurler au loin. « Passe-la moi ! »
Mais je n'attendis pas d'avoir enfin le bon destinataire au bout du fil et raccrochai le plus vite possible.
« - Que s'est-il passé ? me questionna Aurélia, inquiète. »
Je n'eu pas le temps de lui expliquer que la sonnerie de mon portable se fit entendre.
« - S'il te plait, répond à ma place et raconte-lui pour son porte-feuille. Je suis trop énervé pour lui parler pour l'instant ! »
Elle acquiesça brièvement puis parti se réfugier dans la cuisine afin de discuter avec lui plus tranquillement. Elle savait que si elle restait à mes cotés je risquai de m'emparer du téléphone à tout moment pour lui hurler dessus.
En attendant que leur discussion se termine je décidais de m'occuper un peu. J'attrapais le porte-feuille et plongeai délibérément ma main à l'intérieur. Le propriétaire de ce porte-feuille avait beau avoir fait l'acquisition d'un objet cher, son contenu donnait plutôt l'impression qu'il s'était ruiné uniquement dans le but de le possédé sans penser qu'il ne servirait à rien s'il n'y mettait rien dedans. Je déposais le maigre butin sur l'une des table basse du salon.

« - Une banale carte bleue, une carte d'hôtel et des pièces en argent... commenta Aurélia derrière moi.
- ça s'appelle des centimes, la repris-je, mais tu as dû rarement en voir.
- C'est sûr, on n'en voit jamais lorsqu'on utilise ça ! dit-elle en brandissant fièrement sa carte gold.
- Bon, et si tu m'expliquais plutôt de quoi vous avez parlé au lieu de faire des remarques débiles.
- Tu avais raison, cette chose appartient à Bill-chou, jubila-t-elle, et il était très heureux lorsque je lui ai dit que nous allions lui rapporter.
- Attends une minute !... Tu as dit quoi ?!
- Oh ! S'il te plait Nina ! Je ne peux pas aller toute seule là-bas ! Mais je dois revoir Tom...
- Rectification, tu ne VEUX pas y aller toute seule et tu VEUX revoir Tom. Tout ça ne dépend que de TA volonté.
- Mais, toi, tu veux revoir Bill-chou, pas vrai ?
- Arrête avec ce surnom ridicule ! m'emportais-je, assume un peu tes choix de temps en temps !
- Ma Nina chérie, accompagne-moi là-bas, je t'en pris ! m'implora-t-elle tout en s'emparant de mes mains, s'il te plait, viens avec moi ! »
Je soupirai. Il y avait longtemps que je n'avais pas vu Aurélia dans cet état. Elle pouvait parfois être si puérile que cela m'agaçait au plus haut point.
« - Ne pense pas que je vais céder à tout tes caprices juste parce que c'est toi, grommelais-je, arrête un peu tes enfantillages ! Si tu veux y aller, alors vas-y. Mais ce sera sans moi.
- Ce ne sont pas des enfantillages ! protesta-t-elle, bien, si tu le prends comme ça. »
Elle se redressa avec grâce puis parti chercher son manteau dans le dressing. J'entendis ses Derby neuves claqué sur le carrelage puis un tissus de couleur pourpre me cacha la vue.
« - Qu'est-ce que... ?! Aurélia ! aboyais-je tout balançant le vêtement le plus loin possible, tu trouve ça drôle ?! »
Elle le ramassa calmement puis me le tandis. Nous restâmes ainsi durant plusieurs longues minutes ; moi la toisant et elle me suppliant du regard.
« Ok, je t'accompagne, capitulais-je »

Aurélia ne cessa de me raconter en détail sa soirée passée avec Tom. Elle m'énuméra toute ses qualités, me mima sa gestuelle, me refit mot à mot chacune de leur discussion. Je tenais mon poing serré au fond de ma poche, me demandant qu'elle serait le meilleur moment pour lui envoyer à la figure. Mais elle paraissait si enthousiaste et heureuse que je ne pus me résoudre à la faire taire.
Le taxi s'arrêta au coin de la rue qui menait à l'hôtel. Il me fallut quelque seconde avant de comprendre pourquoi il nous avait arrêter si loin de notre destination ; une foule immense de filles surexcités avait envahi la rue. Certaines s'étaient assises dans un coin, lisant des magazines avec le visage de Bill en couverture, d'autre chantaient à tue-tête des chansons que le brouhaha ambiant rendait encore plus insupportable. Aurélia avait l'air complètement stupéfaite lorsqu'elle en vit certaines monter sur le toit des voitures garées près de l'entrée de l'hôtel et se mettre à brailler le nom des membres du groupe.

« - Bon, laisse-moi faire, lui dis-je en m'avançant d'un pas sûr vers l'entrée. »
J'essayais tant bien que mal de me frayer un chemin à travers la foule puis fonçais vers la porte de l'hôtel. Un énorme garde du corps m'attrapa par l'épaule et m'empêcha d'aller plus loin. Je réajustais mes lunettes de soleil Oakley et m'éclairci la gorge.
« - Je suis Nina Davis, lui fis-je d'un ton sec, laissez-moi passer.
- Désolé mademoiselle Davis mais je ne peux pas vous laissez entrer.
- Et avec ça, je peux rentrer ? lui demandais-je en sortant la carte d'hôtel du porte-feuille. »
Le vigil pris un air grave, m'inspecta longuement avant de me repousser vers la foule.
« - Sauf si vous faîtes partie des résidents de cet hôtel, je ne peux vous laisser entrée.
- Parfait ! Alors donnez-moi une chambre, n'importe laquelle fera l'affaire.
- Je vous conseillerai de retourné auprès de vos petites camarades avant que je n'appelle la sécurité, répondit-il sèchement.
- DE QUOI... ? fulminais-je »
Voyant que j'étais sur le point d'exploser, Aurélia s'empara de mon bras et me ramena au milieu de la foule.
« -Laisse tomber, me chuchota-t-elle
- TU PEUX FAIRE UNE CROIX SUR TON AVENIR ! hurlais-je à l'adresse du gorille.
- Nina ! gronda Aurélia. »
J'avais la respiration saccadée et des larmes de rage me brouillaient la vue.
« - Chuut, calme-toi ma Nina, me murmura Aurélia au creux de l'oreille. »
Sa voix était douce et apaisante. Je sentais la colère me quitter peu à peu. Après tout je n'avais jamais voulu venir ici. Je ne vois pas pourquoi ma journée devrait être gâcher à cause d'un événement pareil.
« - Bien, dis-je au bout d'un moment, je balance ce truc dans un égout et on rentre à la maison ?
- Quoi ?! répondit mon amie, scandalisé, tu n'oserai pas ?!
- Bien sûr que si. Il n'aura qu'à s'en racheter un autre.
- Attends ! Appel-le au moins avant pour lui expliquer la situation. Dans le pire des cas on laissera son porte-feuille au réceptionniste.
- « dans le pire des cas »... ,répétais-je en lui lançant un regard assassin. »
Je plongeais mon regard dans le sien. Ses yeux qui, quelques minutes plus tôt, pétillaient d'excitation étaient à présent terne et sans vie. Je commençais petit à petit à comprendre l'importance qu'avait le céphalopode à ses yeux.
« - Tu veux revoir le poulpe à ce point-là... ? soufflais-je, amèrement »
Elle acquiesça doucement. J'attrapais brutalement mon portable et rappelais Bill. Au bout de deux sonneries, il décrocha, toujours l'air aussi affolé.
« - Allô ? Nina ? Où es-tu ?
- Devant ton hôtel, descend pour venir chercher ton porte-feuille, on me refuse l'entrée.
- Impossible, il y a beaucoup trop de monde, répondit-il du tac au tac. Mais... attends ! »
La cacophonie alentour redoubla soudain d'intensité. Les filles, même celles qui semblaient les plus calme, devinrent soudain hystérique. Je levais la tête et compris ce qui les avaient mis dans cet état. Bill venait de sortir sur son balcon et scrutait la foule, son téléphone portable toujours collé contre son oreille.
« - Ah ! s'écria-t-il au bout de quelques instant, le manteau Prada pourpre, c'est toi non ?
- Non. Qu'est-ce qui te fais penser ça ?
- Si je reconnais bien ta silhouette. Et la petite à côté de toi avec les cheveux foncé, c'est ton amie Aurélia. C'est ça ?
-Bon, tu nous as trouvé. Et alors ? ça change quoi au fait que nous sommes toujours en train de poiroté dehors ?
- Et bien... hé ! »
Je sentis le sol trembler sous mes pieds. L'hystérie venait d'atteindre son paroxysme. Un rapide coup d'½il vers le balcon me fit comprendre que Tom venait à présent de rejoindre son frère.
« Aurélia ! Nina ! » L'entendis-je crier du haut de son perchoir. Mon amie baissa la tête, essayant en vain de cacher sa gêne...et sa joie.
« - la ferme, entendis-je aboyer Bill à travers le combiné. Ecoute-moi Nina, repris-t-il d'un ton plus calme, je vais vous envoyer des vigiles, ils vont vous escorter jusqu'à notre suite.
- Pas question, rétorquais-je sèchement.
- Mais... ! »
Je ne lui laissais pas le temps de se justifier et refermais le clapet de mon téléphone. Soudain trois énorme gorilles jaillirent de la foule et nous encerclèrent.
« - Aurélia et Nina, je présume, dit l'un d'entre eux en nous examinant sous toutes les coutures, venez, nous devons vous conduire jusqu'à l'intérieur de l'hôtel.
- Espèce de sale traître, soufflais à l'adresse de Bill qui était toujours accoudé à son balcon. »
Comme s'il avait compris ce que je venais de dire, il m'adressa un signe de main en guise d'excuse.
# Posté le mercredi 04 avril 2007 13:37
Modifié le dimanche 05 octobre 2008 08:52

Quatrième partie

Quatrième partie
« Où suis-je ? »
Je n'étais pas encore tout à fait éveillée lorsque cette pensée me traversa l'esprit. Une douce chaleur m'enveloppait ainsi qu'un parfum si apaisant que je luttais pour ne pas me réveiller.
« Allez debout ma Nina ! me chuchota doucement une voix au creux de mon oreille. »
Ce ténor, je le reconnue immédiatement. Je levais la main au dessus de moi cherchant à la plonger dans cette cascade de magnifiques cheveux brun qui étaient les siens. Mais à la place celle-ci heurta durement la lampe de chevet qui s'écrasa avec fracas sur le sol.
J'entendis son rire résonner au loin dans la pièce.

« - Ce n'est pas drôle ! m'écriais-je, les larmes aux yeux car la douleur de ma blessure de la veille venait de se réveiller. »
J'agrippais mon poignet de ma main valide tout en jouant des coudes afin de réussir à me relever. Je me trouvais à présent à quelque centimètres de son visage. Je pouvais presque sentir son souffle sur ma peau. Mais les larmes continuaient à brouiller ma vision.
« Nat...murmurais-je tout en tendant ma main une nouvelle fois vers lui. »
Il secoua la tête puis se leva lentement et tandis sa main à son tour. C'est alors que retentit un effroyable bruit de tintement métallique dans la pénombre de la pièce. Il me fallut plusieurs seconde avant de réaliser qu'il s'agissait du bruit d'un réveil. Je sautais dessus le plus rapidement possible afin de mettre fin à la torture que subissait mes oreilles. Cette fraction de secondes permis à Nathan de disparaître dans l'obscurité de la pièce. Je le cherchais des yeux mais ne le vis nul part. Je compris soudain d'où venait mon erreur. Je ne me trouvais pas dans ma chambre comme je le pensais mais j'étais dans celle de mon frère.
Une vague de tristesse m'envahi. Nathan n'était plus ici. Et ce souvenir douloureux me lacérait le c½ur. J'avais besoin de le voir. D'entendre de nouveau le son de sa voix.
Une photo de Mia trônait sur sa table de nuit. Je cherchais des yeux si une de moi ne se trouvait pas également pas loin de celle-ci. Mais ce n'était pas le cas.

« C'est vrai, pourquoi mettre la même chose en deux exemplaire ?! Mia et moi sommes pratiquement identique, pensais-je amèrement. »
Je voulu saisir le petit cadre en bois afin de le projeter à l'autre bout de la pièce mais mon poignet endoloris retint mon geste. Je gémis malgré moi de douleur et désarrois.
Pourquoi devais-je endurer un tel supplice ?
Un bruit de pas retentit de l'autre côté de la porte. La frimousse d'Aurélia passa dans l'entrebâillement. La lumière qui filtrait derrière elle rendait son teint encore plus nivéen qu'à l'ordinaire. Quand a ses cheveux on aurait dit qu'ils avaient été recouvert d'un voile lactée.

« Que fais-tu ici ? me demanda-t-elle doucement. »
Sa voix n'avait été qu'un murmure et pourtant elle avait résonner dans ma tête telle un léger son de carillon. Elle continua à me questionner mais aujourd'hui je ne percevais sa voix que comme un assemblage de vibrations harmonieuses. Ses mouvements étaient gracieux, sa peau lactée ne présentait aucune imperfection, son nez était droit, finement ailé. Je ne l'avais jamais détailler de la sorte. Elle avait de plus quelque chose d'angélique dans sa robe de satin blanc ornée de broderies fines. Elle s'avança lentement vers moi. Ses cheveux dans la pénombre de la pièce semblait devenir vaporeux.
Je me frottais les yeux à plusieurs reprise avant de me précipiter dans la salle de bain. Je devais sûrement être en train d'halluciné. L'alcool ne devait pas être encore passer. Je retins soudain un cri de stupeur. Je venais d'apercevoir une jeune fille au visage terreux et à la mine blafarde, qui me fixait de l'autre côté du miroir. Elle avait le teint à la fois cramoisis et livide. Ses cheveux tombaient sur ses épaules tel une masse sombre aux reflets bronze et sa peau semblait être un concentré de purpurine et de garance. Je refusais de croire qu'il pouvait s'agir de mon propre reflet. Je me dépêchais de prendre une douche en espérant que je pourrais enfin me réveiller de ce cauchemar. Il me fallut à peu près deux heures pour rattraper le désastre qu'avait entraîner la soirée de la veille. Une fois mon magnifique pull, pourvu d'un col en V, de chez Zadig et Voltaire revêtu ainsi que mon tout nouveau jean de la marque Levis, je me décidai à quitter la salle de bain. Je n'étais pas encore tout à fait sortie de ma torpeur et cela n'échappa pas à Bill lorsqu'il me vit apparaître dans le couloir.

«- Bien dormi ? demanda-t-il d'un ton désinvolte. »
Je décidai de l'ignorer. Il m'attrapa le poignet avec fermeté. Je laissais échapper un petit cri.
« Oh ! Pardon, s'excusa-t-il tout en relâchant son étreinte. »
Il fit lentement glisser sa main jusqu'à mon épaule puis se mit à me dévisager tout en rapprochant de plus en plus près son visage du mien. Mes joues se mirent à brûler. J'avais l'irrésistible envie de le repousser mais je retins mon geste, attendant patiemment de voir jusqu'où il irait. Mais contrairement ce à quoi je m'attendais il plaqua subrepticement son visage contre mon cou, l'une de ses mains toujours posé sur mon épaule tandis que l'autre se colla contre ma nuque.
« Merci pour hier, chuchota-t-il . »
Lorsqu'il se redressa, j'aperçu son visage ; il était aussi rouge que le mien.
«- Où se trouve la cuisine ? dit-il de nouveau l'air prétentieux.
- Suis-moi, lui répondis-je en essayant de prendre un ton dédaigneux. »
Une fois installer autour d'une des tables en marbre, un cappuccino aux lèvres, un silence pesant s'installa. Mais ni l'un ni l'autre n'osa ouvrir la bouche. L'être céleste de la maison fit tout à coup son entrée accompagné d' une masse informe aux longues tentacules.
« Tu vas mieux Nina ? demanda-t-elle d'une voix claironnante.
- Tu fais quoi avec ce poulpe ? répliquais-je d'un ton maussade.
- Tu parles de Tom ? répondit-elle en désignant le céphalopode du doigt.
- Mouais.
- On s'est rencontré au vernissage hier ! Il parle un français parfait malgré qu'il soit allemand ! Et...ah ! Mais non ! Ce n'est pas ce que tu crois ! se défendit-elle.
- Mais je n'ai rien dit, répondis-je l'air goguenard.
- Et toi alors? Tu ... ! »
Elle s'arrêta soudain l'air ébahi. Son regard s'était porté sur nos deux invités qui discutaient tranquillement dans leur langue maternelle.
« Ils se connaissent ? me questionna-t-elle à voix basse.
- Hein ? fis-je surprise, tu ne l'as pas reconnu ?
-« reconnu » ? Qui ça ?
- Mais bon sang Aurélia ! T'es idiote ou tu le fais exprès ?! »
J'avais peut être élevé un peu trop la voix car les deux frères s'étaient tus.
« - Ils sont du même boys-band ! continuai-je sans pour autant baisser le son de ma voix.
- Du même « groupe », réctifia Tom entre ses dents.
- La ferme ! aboyais-je, et sors de cette cuisine !
- Mais ta coloc' m'a invité ! rétorqua-t-il tout en prenant un air boudeur.
- Ma « coloc' » ?! répétais-je, hors de moi.
- Ouais. Elle ! »
Je sentais tout mon corps trembler. Comment pouvait-il lui manquer de respect à ce point-là ? Ils avaient sûrement passé la nuit ensemble et il se permettait de l'appeler ainsi ?
« Cette fille a un nom ! hurlais-je, elle s'appelle Aurélia et je t'interdis de l'appeler autrement ! »
Tom mit ses deux mains au niveau de son visage et secoua la tête, un sourire au coin des lèvres.
« - C'est bon, c'est bon. Excuse-moi, dit-il d'un ton nonchalant. »
Je voulus lui donner une claque mais Bill s'interposa. Il posa une main dans le dos de son frère et fis mine de le pousser vers la sortie.
« On s'en va. Viens Tom. »
Les deux frères avancèrent vers la porte d'entrée, suivit de près par Aurélia. Je décidais également de les raccompagné jusqu'à la porte d'entrée. Tom s'en alla sans dire mot tandis que Bill resta quelques secondes sur le pas de la porte à admirer les chiffres dorés qui étincelaient toujours mais cette fois à la lumière du soleil.
« -Ne sois pas trop dur avec lui, dit-il d'un air mystérieux sans pour autant s'arracher à sa contemplation., il a toujours été comme ça. Ce n'était pas de la méchanceté.
- Je refuse qu'il voit Aurélia comme l'une de ses groupies ! vociférai-je.
- Calme-toi, répondit-il paisiblement, ne t'inquiète pas, je lui en toucherai deux mots. »
Je le toisai un moment.
« -Depuis quand es-tu aussi prévenant ? lui demandais-je d'un air suspicieux. »
Il rit doucement et posa de nouveau sa main sur mon épaule. Il se pencha et se mit à chuchoter au creux de mon oreille :
« A bientôt, Nina Davis. »
Puis il déposa ses lèvres sur ma joue. Je sentis le parfum de sa peau m'enivrer. Son souffle chaud annihilait tout mes sens. J'en avais le souffle coupé.
Je voulus le repousser mais avant que je ne fasse le moindre geste, il se trouvait déjà à l'autre bout du corridor. Un sourire narquois sur les lèvres, il m'adressa un signe d'au revoir, puis disparu.
# Posté le mercredi 04 avril 2007 13:31
Modifié le dimanche 31 août 2008 15:37

Première partie

Première partie
Une douce musique se fit entendre dans le hall de l'aéroport à l'instant même où l'avion en partance pour Londres décolla. Je pouvais presque y voir Nathan me regarder par son hublot, tenant la main de Mia qui lui murmurait des mots doux au creux de l'oreille.
Cette pensé me remit hors de moi. Je me précipitais dans le premier taxi qui passa devant moi et lui indiqua la boutique Dior la plus proche. Je pensais qu'une après-midi shopping réussirait à faire disparaître cet immense vide que je ressentais. La douce chaleur qui commençait à m'envelopper à l'intérieur de cette confortable voiture disparu en un instant lorsque nous passâmes près de mon appartement. J'y voyais déjà l'effroyable calme qui y règnerait en l'absence de Nathan et d'Aurélia. Je voyais mes futur longues journées passées là-bas à me morfondre devant la télé. La chambre de mon frère toujours close et le froid qui peu à peu s'y installerait.
Le chauffeur de taxi klaxonna et poussa un juron ce qui eu pour effet de me sortir de ma torpeur.

« -'sommes arrivés ma 'tite dame, m'annonça celui-ci avec un fort accent auvergnat. »
Je payais puis sortie précipitamment. Le froid mordant de ce mois d'hiver se fit sentir dès la première seconde où je mis le pied dehors. Je remontais le col de ma veste puis descendis la rue, ne sachant plus exactement ce que j'étais venue faire là .
C'est alors que les lettres dorées de mon magasin préféré vinrent presque m'aveugler, me rappelant par la même occasion quel était mon but initial. La boutique se trouvait cependant de l'autre côté de la rue, je compris alors que cet imbécile de chauffeur ne m'avait pas déposé au bon endroit. Je traversais avec hâte avant d'être brutalement arrêtée par une énorme limousine noir qui bloqua toutes les entrées du magasin. En sortie un nombre effroyable de garde du corps qui firent sortir tout les clients avant de formé un cercle autour de la voiture.
Puis un jeune homme mince, au teint clair et aux regard flamboyant en sorti à son tour.
Une foule excité se forma alors, commentant la scène dans les moindre détails.

« - Qui c'est ? demanda une jeune femme brune
-Je ne sais pas, on ne voit pas son visage ! Il l'a caché par une grosse écharpe et des énormes lunettes de soleil ! répondit une blonde à coté d'elle.
- Ah ! C'est rageant ! Mais ça doit être quelqu'un de très important pour nous avoir tous fait sortir du magasin, repris la brune, qui sautillait à présent sur place.
- Oh, non ! J'aurai dû me cacher dans les rayons ! déclara une troisième fille l'air dépité.
- Pff idiote ! Ils t'auraient tout de suite remarqué. »
J'écoutais les ragots qui fusaient de tout les côtés. Personne n'avait l'air de vraiment se soucier du fait qu'ils venaient de se faire violemment sortir du magasin.
Je tapotais alors sur l'épaule d'un des garde du corps afin de l'interroger sur tout ce remue-ménage, mais il me repoussa avec force et me lança un regard assassin.
Blessé dans mon amour propre, je sentais une immense colère commencé à m'envahir.

« - C'est quoi ça ?! Cette espèce de petite starlette qui se croit tout permis ?!!! Hurlais-je de toutes mes forces. »
Le jeune homme s'arrêta à ma hauteur puis retira lentement ses lunettes de soleil. Plusieurs filles se mirent à émettre des cris stridents et à pousser dans tout les sens. Il s'approcha avec lenteur dans ma direction tout en plongeant son regard dans le miens. Je sentais mes joues me brûler, reconnaissant le bel inconnu que j'avais croisé à l'aéroport quelques minutes plus tôt.
« Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il d'une voix posée. »
Ses traits étaient encore plus fin vu de près, sa voix assez efféminé et ses gestes lents.
Il laissa apparaître un petit rictus derrière son écharpe lorsqu'il vit mon air déboussolé.
Il répéta alors sa question d'un air encore plus orgueilleux, ce qui me mit hors de moi.

« Alors comme ça on a peur de faire ses courses entouré par des étrangers ?! lui rétorquais-je prenant à mon tour un air hautain. »
Il écarquilla les yeux et ouvrit à plusieurs reprises sa bouche sans émettre un seul son, apparemment surpris de ma réponse.
« Tu n'es encore qu'un gros bébé qui a peur dès qu'il y a un peu de monde ?! continuais-je d'un ton méprisant. »
Ses sourcils se froncèrent légèrement tandis que sa bouche se tordait en une horrible grimace. La foule devint de plus en plus hystérique. Les passants qui voyaient cette attroupement de l'autre côté de la rue nous lançaient des regard étonnés. Certains venaient se joindre à la foule, excités par la curiosité.
Le regard noir que me lança le garde du corps qui se trouvait juste en face de moi me fit comprendre que j'étais peut-être aller trop loin. Le jeune homme tapota alors sur son épaule et lui fit signe de me laisser passer. Celui-ci me saisit par le bras et me fit basculer à l'intérieur du cercle. Je me retrouvais face à face avec ce mystérieux garçon dont le regard était de plus en plus pénétrant. Il leva sa main puis la rabattit brusquement en direction de mon visage. Je fermais les yeux quelque instant puis voyant qui ne se passait rien les rouvrit découvrant une personne tout à fait différente en face de moi. Il s'agissait bel et bien du même jeune homme mais un sourire malicieux illuminait à présent son visage.

« - Tu as eu peur que je te frappe ? me demanda-t-il en riant, ne t'en fait pas, j'ai juste retiré une feuille qui s'était emmêlée dans tes cheveux. »
Ma respiration devint saccadée.
« - Donc, tu disais que j'étais « un gros bébé » , c'est ça ? continua-t-il d'un ton plus posé, tu le penses vraiment ?
- Je... ne sais pas... lui répondis-je complètement désorientée.
- Tu ne sais pas ? s'exclama-t-il, perplexe, Tu avais pourtant l'air convaincue de ce que tu affirmais.
- Si tu connais déjà la réponse, alors pourquoi me poses-tu une telle question ? lui répondis-je cette fois d'un ton plus abrupt. »
Il se remit à rire puis ouvrit la grande porte dorée.
« - Alors ? Tu viens ? »
Je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour.
« -Si tu crois que ton geste arrivera à me faire changer d'avis...lui soufflai-je en passant devant lui. »
Il me gratifia de nouveau d'un superbe sourire, puis entra à son tour, deux gardes du corps et ce qui devait être son manager à sa suite.
Nous partîmes chacun d'un côté de la boutique sous le regard envieux des vendeuses et de plusieurs filles qui s'égosillaient hors du magasin, tout en collant leur visage au plus près des vitrines.
Je lui jetais de temps à autre de rapides coup d'½il afin de savoir ce qu'il fabriquait mais il n'avait pas bouger d'un centimètre depuis son entrée à l'intérieur de la boutique. Il n'arrivait apparemment pas ce décider entre une veste en cuir de couleur noir ou une de couleur rouge. Les deux soulignait admirablement sa ligne mais lui donnait également un côté beaucoup plus efféminé. Tandis qu'il se débattait pour enlever la première qu'il venait enfin d'essayer, je parti à la recherche d'une nouvelle robe de soirée.
Un heure seulement après mon arrivé dans la boutique j'avais déjà trouver tout ce qu'il me fallait. De son côté le jeune homme essayait cette fois une veste de couleur bleu marine.
Ce ne fut qu'au moment de payer mes articles que je pris conscience qu'il serait peut-être bienvenue de le remercier de m'avoir laisser entrer. Je me retournais alors et remarquais qu'il me fixait de son air arrogant, le torse bombé et un sourire en coin.

« - Hé ! La star ! m'écriais-je au moment de franchir la porte.
- Quoi ?! me demanda-t-il d'un ton désinvolte .»
Je soutins un long moment son regard avant de lui répondre.
« Ne prends pas cette veste. Elle ne te va pas du tout ! »
Il lâcha immédiatement l'horrible veste vert kaki qu'il tenait entre ces mains quelques instant auparavant et son visage s'empourpra.
Je ne pus réprimer un éclat de rire puis sorti de la boutique sous le regard ahuri des badauds. Mon chagrin n'avait encore tout à fait disparu mais cette étrange matinée m'avait quelque peu redonné courage. Je ne pouvais donc que remercier intérieurement cet étranger qui venait de faire irruption dans ma vie.

# Posté le mercredi 29 novembre 2006 15:41
Modifié le dimanche 22 juin 2008 17:45

Première partie

 Première partie
Chapitre 1:
Je ne suis pas ce que tu crois !


Aujourd'hui encore, j'aime me balader lors des journées froides d'hivers. Admirer la ville recouverte de son épais manteau de neige, voir les gouttes d'eaux gelées étinceler au soleil tels des diamants, sentir le vent glacial rafraîchir mon visage et entendre le bruit de mes pas crisser sous le verglas. Tout cela me rappelle tant de choses. Des souvenirs lointains et enfouis au plus profond de moi, que seul l'hiver arrive à faire resurgir. Ces souvenirs qui remontent à l'année de mes dix-neuf ans.
A cette époque j'avais encore beaucoup de mal à mettre des mots sur les sentiments que j'éprouvais. J'étais beaucoup trop superficielle, égoïste et immature pour réaliser la chance et le bonheur qui m'était accordé.
J'étais jeune et riche, bien que mes parents aient décédés bien trop tôt à mon goût, ils avaient eu la délicatesse de me faire hériter d'une grosse somme d'argent ainsi que d'un appartement situé sur les Champs-Élysées. Je ne manquais pas non plus d'amour car j'étais entourée des deux personnes que je chérissais le plus au monde, à savoir mon grand frère Nathan et mon amie d'enfance Aurélia qui partageaient également le même appartement que moi.
La vie m'avait comblée et je ne me faisais pas prier pour exploiter ces richesses qui m'avaient été données.
En ce temps là, je haïssais l'hiver et toutes les mauvaises choses qu'il apportait tel que le froid, les rhumes et ces énormes manteau qui, bien qu'ils vous tiennent affreusement chaud, vous font ressembler à un sac à patates. Mais cette année-là je le haïssais plus particulièrement car cet hiver m'enlevait mon frère.
Ce matin-là, une énorme pagaille régnait dans l'appartement. Mon frère devait préparer ses bagages afin de pouvoir partir comme prévu en compagnie de sa petite amie, Mia , durant deux long mois.
J'étais triste et en colère car j'avais beaucoup de mal à supporter nos séparations. Je ne pouvais cependant pas le retenir. J'avais donc décidé de passer mes nerfs sur sa valise en rangeant avec hargne toute la pile de vêtements qu'il avait préparé la veille. J'accomplissais cette tâche de façon lente espérant ainsi le retenir le plus longtemps possible, tout en sachant au fond de moi que cela ne servirait strictement à rien.

« - Nina ! Tu devrais plutôt venir t'asseoir et discuter un peu avec ton frère avant son départ, me conseilla Aurélia qui essayait tant bien que mal d'apaiser ma colère.
-Non, laisse-moi ! grognai-je, J'ai presque fini.
- Comme tu veux, répondit-elle en soupirant »
Les heures défilaient à une vitesse folle. C'est dans ces moments-là que la théorie de la relativité nous semble la plus probante.
Tout en rangeant les affaires de mon frère, je repensais calmement à toutes ces années que nous avions partagé et à tout ces souvenirs que nous avions en commun. Je savais qu'il allait terriblement me manquer et ce sentiment d'impuissance me rendait encore plus colérique.
Je fus tout à coup sortie de mes songes par un flot de cheveux dorées qui me renversa sur le lit.

« Mia ! Tu m'étrangles ! criais-je en essayant la repousser.
-Oh ! Pardon ! »
Elle relâcha son étreinte puis s'assis à mes côtés faisant virevolter ses longs cheveux blonds de par et d'autre de son visage. Elle posa ensuite ses grands yeux bleus sur moi, un petit sourire au coin des lèvres.
« - Regarde, me dit-elle en sortant une photo de sa poche, c'est ton frère et moi. Nous l'avons prise la semaine dernière. »
Je pris la photo de ses mains et la contemplais. La peau de Mia était d'une blancheur telle qu'elle ressortait de façon saisissante lorsqu'elle se trouvait aux côtés de mon frère qui était aussi bronzé que moi.
« - J'ai essayé de faire onduler mes cheveux comme les tiens mais je n'ai pas réussi à faire d'aussi belles boucles, m'expliqua-t-elle d'un air dépité. Je voulais qu'on passe pour des jumelles.
- Ne t'inquiète pas, même sans ça on se ressemble déjà beaucoup.»
Je n'avais pas menti. Mia et moi nous ressemblions comme deux gouttes d'eau, au point que mon frère avait lui-même entamé des recherches afin de savoir si nous n'appartenions pas à la même famille. Seul notre grain de peau et la couleur de nos cheveux différaient, mais sans cela nous étions quasiment pareilles.
« - Venez vite ! Le repas est prêt ! appela Aurélia de la cuisine.»
Je reposais fébrilement les vêtements qui étaient étalés en désordre sur le lit pour courir la rejoindre. Les plats que préparait Aurélia étaient toujours d'une finesse et d'un goût exquis. J'avais toujours été fasciné ses talents culinaires.
J'arrivais en trombe dans la cuisine et aperçu sa silhouette se dessiner de l'autre côté de la porte vitrée qui donnait sur le salon. Elle était petite et frêle, les cheveux châtain, la peau aussi blanche que celle des poupées en porcelaine et le teint rosée. Beaucoup pensait qu'elle avait un Q.I et un sens de l'humour assez développer. Mon frère, lui, disait qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que d'une « idiote refoulée ».

« Cette idiote comme tu dis, lui avait-elle un jour rétorqué, se permet de sécher les cours et d'avoir les meilleurs notes de son école ! Tu te rends compte ? Et je n'ai pourtant que vingt ans !
- Aucun rapport, lui avait-il calment répondu, Et puis tu ne fais que confirmer mes dires. Lorsqu'on paye 8 000 Euros par an une école afin de passer son Bachelor en management mais qu'on assiste à aucun cours, je ne trouve pas ça très intelligent. Alors soit tu perds ton temps là-bas et tu ferais mieux de changer de filière, soit tu es une imbécile. »
Nathan avait toujours fondé de grands espoirs en Aurélia, espérant qu'elle ferai un jour des études de droit, le rêve qu'il n'avait lui-même pas pu accomplir. Mais étant trop fleur bleue, elle avait préféré suivre son petit ami de l'époque dans une école de commerce, plutôt que d'aller dans une université. Mon frère s'était alors tourné vers moi et même si j'étais allée dans une fac de sociologie, j'avais également pris parallèlement des cours de droit.
« Nathan ! Tu aurais pu venir m'aider à faire ta valise quand-même, le grondais-je lorsqu'il pénétra à son tour dans la cuisine. »
Il leva les yeux de son roman et me lança un sourire moqueur.
« Mais je te trouve si mignonne lorsque tu te démène ainsi. »
Je continuais de le fixer attendant la suite de sa réponse mais Nathan jugea que celle qu'il venait de me donner suffisait déjà amplement.
« Tu pourrai rester ici alors et laisser Mia partir toute seule à Londres, marmonnais-je, cherchant ainsi à le provoquer.
- Tu viens de dire quoi ?! me demanda-t-il en haussant les sourcils.
- Rien du tout ! Tu dois entendre des voix ! »
Je me précipitais alors sur ma chaise et plongeais mon regard dans le plat qu'Aurélia venait de nous servir : une spécialité indienne dont le nom m'échappait.
Je détestais me voir dans cet état. J'étais de mauvaise compagnie mais n'arrivais cependant pas à réfréner ma colère et ma mauvaise humeur.
Je haïssais Mia de m'enlever ainsi mon frère mais je ne pouvais rien faire d'autre que de maugréer dans mon coin.

« - Tu n'as pas faim Nina ? me demanda Aurélia en venant s'asseoir à mes côtés.
- Non, ce n'est pas ça... Je me sens un peu patraque. »
Je vis le visage d'Aurélia s'assombrir : elle venait de comprendre ce qui me tracassait.
« - Tu sais...
- Oui, tu as raison. Je vais aller me reposer un peu avant le départ de Nathan, l'interrompis-je avant qu'elle ne commence à me faire la moral. »
Je pris congé et me retirais dans ma chambre. Une fois à la porte refermée, j'attrapais le premier objet qui me tombait sous la main et le jetais de toutes mes forces à l'autre bout de la pièce, extériorisant ainsi ma colère. J'aurais continué ainsi encore longtemps si une énorme main ne m'avait pas saisis le poignet au moment ou j'allais balancer mon réveil.
« - Ne fais pas l'enfant ! s'écria Nathan d'un ton sec et menaçant.
- Lâche-moi, tu me fais mal !
- S'il te plait Nina, continua-t-il d'une voix plus douce, je suis obligé d'aller à Londres. Je le fais pour nous ! Tu sais très bien que j'ai des affaires à régler là-bas. Et puis ce ne sera que pour deux petit mois.
- Je sais. Je sais tout ça ! lui répondis-je la voix tremblante, Mais moi je ne veux pas que tu partes ! Pourquoi me délaisses-tu pour Mia ?
- Mais non, je n'ai jamais dit que je préférai Mia à toi. Et puis tu ne sera pas seule, tu sera avec Aurélia. Ne t'inquiètes pas, ça passera plus vite que tu ne l'imagines.»
Il accompagna ses propos d'une étreinte durant laquelle mes vêtements eurent le temps de s'imprégné de son parfum ainsi que de sa chaleur. Puis un rapide coup d'½il au réveil que je tenais encore dans ma main me fis comprendre que l'heure de partir était enfin arrivée.
« - Il faut qu'on y aille, Nat, murmurais-je. »
Il me relâcha puis nous nous dirigeâmes vers l'entrée de l'appartement où Mia et Aurélia s'y trouvait déjà, admirant la toute nouvelle paire de chaussure Prada que Nathan m'avait offert tantôt en guise de compensation.
« - Elles sont splendide ! s'exclama Mia en me voyant arriver, c'est encore un cadeau de Nathan je pari.
- Exact, lui confirma Aurélia en me lançant un clin d'½il.
- Il est toujours aux petits soin avec toi, Nina, continua Mia d'un ton boudeur, j'en serais presque jalouse.
- Mais tu es presque toujours jalouse de moi, Mia, lui lançais-je en souriant.
- Et toi, tu es trop égoïste, Nina. Tu ne veux même pas le partager. Il est tout le temps avec toi ! A croire qu'il te préfère à moi.»
Elle lança un regard à Nathan qui la prit par l'épaule afin de la rassurer.
« Tu as raison Mia...et pourtant c'est toi sa petite amie, pensais-je amèrement. »
Je partis chercher la valise de Nathan puis revint au moment où ils étaient en train de s'enlacer tendrement. Je sentis mon c½ur se serrer.
« - Voilà tes affaires, m'écriais-je en posant violemment la valise à ses pieds.
-Ah ah, merci ma Nina, me répondit-il en ébouriffant un peu ma tête.
- Bien, alors je vous dis au revoir ici, déclara Aurélia en s'approchant pour leur faire la bise.
- Tu ne nous accompagne pas ? demanda Mia, étonnée.
- Non, désolé. J'attends mon petit copain. »
Les embrassades ne furent pas très longues puis nous partîmes enfin pour l'aéroport.

Une fois arrivé à l'intérieur du terminal, je sentis ma gorge se nouer.

« -Je ne veux pas que tu partes, dis-je de nouveau à Nathan en m'agrippant à sa veste.
- Oh, oh, enfin, Nina! S'esclaffa Mia en me caressant la tête. »
Je fronçais les sourcils.
« Mia, va faire enregistrer nos bagages s'il te plait, lui ordonna mon frère, nous assurant ainsi un tête à tête de quelques minutes. »
Une fois qu'il l'eu vu disparaître au milieu de la foule, il se tourna vers moi et me saisit le visage de ses deux mains.
« - Tu vas aussi me manquer, tu sais ? Après tout, tu restes ma petite s½ur adorée.
-C'est presque mot pour mot, ce que je voulais te dire, lui répondis-je, émue.
- S'il te plait, promet-moi une chose avant que je ne parte.
-Quoi donc?
-Je ne serais plus là durant deux mois, je ne pourrai donc pas te protégé durant cette période. Alors ne t'attires aucun ennuie, O.K ? Ni au niveau social, ni côté c½ur.
-Pas de problème. Tiens, Mia à fini. Vas la rejoindre. »
Il me déposa un dernier baiser sur le front puis couru en direction de sa bien-aimé avant de se fondre dans la foule.
Je décidais de rester encore un peu dans ce hall bondé, le c½ur lourd et les yeux toujours rivés vers l'endroit où je les avais vu disparaître.
Dehors la neige commençait à peine de tomber. Les gens se précipitèrent à l'intérieur du terminal afin de se réchauffer tandis que ceux qui s'étaient avancer pour en sortir rebroussèrent chemin. Je voulus faire de même mais de violente nausées me poussèrent à en sortir le plus rapidement possible. Je savais que j'aurais dû pleurer, cela m'aurait sûrement soulagé. Mais mon égaux était tel qu'il m'empêchait d'exprimer publiquement quelque expressions que ce soit qui aurait pu m'attirer la pitié d'autrui.
C'est alors que je l'ai aperçu. Ce grand jeune homme aux regard intense et prenant qui me fixait au travers de la vitre teintée de sa limousine. Le temps c'était alors comme figé. Je ne sentais plus le vent soufflé avec rage sur mon visage, n'entendais plus la cacophonie de la foule qui allait et venait autour de moi, le bruit de la circulation avait disparu et la neige était comme immobile. Je ne voyais plus que lui.
Mais pourquoi me regardait-il de cette façon-là ? Était-ce un rêve ?
Nous aurions pu nous dévisager ainsi des heures durant, si une fillette ne m'avait pas foncé dessus avec sa poussette en plastique.

« -Hé ! Tu pourrais t'excuser ! hurlais-je en me retournant vers elle. Tu ne sais pas que c'est impoli de ne pas demander pardon lorsqu'on bouscule quelqu'un ? Où as-tu appris les bonnes manières ?! »
La pauvre eut si peur qu'elle repartit rejoindre en courant sa mère. J'admirais quelque secondes cette scène, la mine réjouie avant de me souvenir de ce qui avait précédé cet épisode.
Je scrutais alors rapidement les alentours. Mon sermon n'avait duré que quelque secondes mais cela avait suffit pour que la superbe limousine noire disparaisse.
Le sentiment qui m'avait envahis quelques minutes auparavant me revint alors, me faisant frissonner.
Quel était-il ?
Je pensais un instant au mot « coup de foudre », mais chassais rapidement cette idée de mon esprit. Tout ceci n'existait que dans les romans, et puis Aurélia utilisait si souvent cette expression que je ne pouvais décemment plus l'associé au mot « réalité ».

# Posté le mercredi 29 novembre 2006 15:32
Modifié le mercredi 25 juin 2008 09:06